Konami s’est fait un nom dans les jeux de danse grâce à sa célèbre série Dance Evolution. Si, pour les premiers jeux, un tapis de danse s’avérait indispensable, l’arrivée de Kinect permet à l’éditeur de se débarrasser de tout périphérique superflu pour se concentrer sur la danse elle-même. La série se transforme et devient Dance Evolution. L’évolution est-elle toujours souhaitable ?

 

 

Des jeux de danse toujours à la mode

Durant de longues années, Konami était finalement quasiment le seul à proposer des jeux de danse. Maintenant que la reconnaissance de mouvement s’est généralisée, d’autres éditeurs proposent des jeux devenant rapidement populaires comme Just Dance d’Ubisoft ou Dance Central d’Harmonix. Konami doit donc faire face à une concurrence féroce et vient logiquement affronter Dance Central également disponible sur Kinect.

               

Un habillage et un contenu peu attirants

Très attendu par les fans, Dance Evolution propose une scène d’ouverture assez alléchante avec des danseurs et danseuses plutôt bien modélisés qui font un show attrayant. Cependant, l’apparition des menus refroidit vite le joueur : ils sont laids et austères. Ceci étant dit, compte tenu de la nature du genre abordé (jeu de danse) nous pardonnons volontiers cet écart de conduite de la part de Konami.

Néanmoins, le succès d’un jeu de danse tient à sa track-list et à ce niveau, l’éditeur ne fait pas très fort. Si, comme c’est le cas dans un Dance Central, le titre propose 30 titres pour se déhancher, les morceaux sont malheureusement quasiment tous inconnus ! De plus, ils ne donnent guère envie de se trémousser. Car, qui peut se vanter de connaître A Geisha’s Dream, Night of Fire, Unity, Into your Heart ou Exotic Ethnic? Au moins, Dance Central a le mérite de proposer des titres plus célèbres et dynamiques : Maneater, Satisfaction, Can’t Get You Out of My Head, Poker Face… Espérons qu’un contenu téléchargeable viendra vite rectifier ce très mauvais choix de chansons.

Les morceaux sont répartis en différentes catégories : RnB/Hip Hop, Club, Vieille Ecole (ne rêvez pas : il ne s’agit aucunement de titres des années 70 à 90 !) etc. De plus, il faut noter la présence de pop asiatique dans la galette, un véritable plus pour les fans. Côté modes de jeu, il est possible de choisir entre un mode leçon peu utile et un mode danse pour marquer un maximum, ainsi que 3 niveaux de difficulté : Facile, Normal et Extrême. Enfin, chaque morceau se voit doté d’un système de difficulté supplémentaire, affichée à l’écran sous forme de flammes; 1 flamme pour les chorégraphies les plus basiques et 5 flammes pour les plus complexes. Un jeu a 2 est aussi prévu, à condition de disposer d’une surface de jeu importante. Car, même à 2 mètres de l’écran, on est encore trop près pour partager qualitativement une partie! Cependant, il faut noter la présence de pop asiatique qui est un des points forts du jeu. Enfin, en ligne, Dance Evolution offre aussi le loisir de jouer à 4 mais encore faudra-t-il trouver 3 autres joueurs connectés…

Côté détection de mouvements, Konami est parvenu à trouver une utilisation intelligente de Kinect. En effet, la caméra intègre le joueur directement parmi les danseurs à l’écran, en premier plan, ce qui occasionne une immersion totale dans le jeu. Le joueur fait ainsi pleinement partie du spectacle ce qui constitue peut-être le seul véritable atout de Dance Evolution face à son grand rival, Dance Central.

               

La danse des boiteux

Pour rentrer dans le vif du sujet, en début de session, le joueur choisit un morceau et, dès que la musique se lance, une jauge apparaît en bas à droite. A chaque geste correctement effectué, la jauge se remplit et le compteur de combos augmente, ce qui permet de marquer toujours plus de points. Dès qu’une erreur fait son apparition, la jauge se vide et le compteur repart à 0. Si la jauge se vide totalement, la chorégraphie est un échec et s’arrête immédiatement. Pour atteindre des scores élevés, il va donc falloir connaître chaque chorégraphie sur le bout des doigts car rien n’indique au joueur le prochain mouvement à effectuer. En conséquence, la difficulté peut vite s’avérer élevée même en mode facile. Du coup, les amateurs de challenge seront comblés, les débutants un peu moins !

D’autre part, Dance Evolution permet de se concentrer uniquement sur la danse en exécutant correctement les chorégraphies, en rythmes et tout en faisant travailler son corps : bouger ses mains, ses bras, prendre toutes sortes de positions mais aussi effectuer des pas précis. Cependant, le temps de latence parfois élevé ou la reconnaissance du Kinect quelque fois grossière de certains mouvements pénalisent le joueur. Ainsi, des gestes correctement effectués seront parfois comptabilisés comme des erreurs, défaut quasi inexistant dans Dance Central. Un peu frustrant et même un comble pour un jeu de danse…mais on finit par s’y faire, temps bien que mal.

Par contre, les plus paresseux pourront attendre sans bouger qu’un mouvement s’affiche à l’écran et l’effectuer à temps afin de marquer beaucoup de points sans trop se fatiguer. A la fin du morceau, le joueur se voit attribuer une note en fonction de ses prouesses, avec un récapitulatif de ses performances sous forme de graphique. Il est aussi possible de voir les photos prises en cours de jeu, photos qu’il faudra rapidement cacher à ses amis…sauf si on ne craint pas le ridicule ! A noter que la note obtenue en fin de parcours permettra aussi de débloquer de nouveaux titres, les 30 morceaux n’étant pas tous accessibles dès le début du jeu.

               

Le charme opère malgré de gros défauts

Compte tenu de l’expérience de Konami dans le domaine du jeu de danse, les défauts de Dance Evolution demeurent difficilement pardonnables. Néanmoins, si les fans de la licence seront certainement déçus car Konami sur ce coup là, le charme opère quand même. Il est finalement assez amusant de viser un score élevé sur n’importe quelle chorégraphie, seul ou à plusieurs. Et même si l’on attendait mieux, l’ensemble reste convivial et « fun ». L’essentiel est donc sauvegardé… Espérons toutefois que Konami reverra sérieusement sa copie afin de produire une suite plus dynamique, précise et prenante. Car en l’état, à n’en pas douter, les joueurs lui préféreront Dance Central, supérieur à bien des égards.

Enguy

 

Points forts :

- le joueur est intégré aux autres danseurs

- de la pop asiatique parmi les titres disponibles

- des styles variés : hip hop, ethnic, club…

 

Points faibles:

- une track list molle et peu connue

- une reconnaissance de mouvement grossière

- des graphismes sommaires

 

La Note Le Mag Jeux Vidéo : 12/20

Editeur : Konami

Genre : Danse

Supports : Xbox 360

 

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