Test de Resonance of Fate (PS3)
Le genre du RPG japonais est-il en perte de vitesse? Les résultats mitigés de titres tels que Blue Dragon, Star Ocean, The Last Remnant, et d’autres encore, peuvent le laisser craindre. C’est pourquoi l’arrivée dans le vieux continent d’un jeu de l’acabit de Resonance of Fate (intitulé « End of Eternity » en V.O !) est accueilli avec autant d’excitation que d’appréhension ! En effet, les protagonistes évoluent dans un décor « steampunk » du plus bel effet mais se contrôlent au travers d’un « gameplay » retors et à la prise en main peu commune. Tri-Ace (Infinite Undiscovery, Valkyrie profil, Star Ocean) n’en est cependant pas à son coup d’essai, et a prouvé que ses innovations, notamment dans le domaine des phases de combat ont toujours su remporter les faveurs d’un public friand de challenge. Il est temps de savoir si avec Resonance of Fate, Tri Ace parvient à redorer le blason du RPG japonais…
La maturité à du bon
Après une longue collaboration avec Square Enix, Tri-Ace s’associe avec SEGA pour travailler sur le concept original de Resonance of Fate. Disponible sur Xbox 360 et PS3, son univers sombre et mystérieux marque une véritable rupture avec les RPG nippon, offrant généralement des univers plus convenus et narrant des histoires assez classiques dans leur compréhension. Ici, c’est un univers post-apocalyptique qui s’offre aux yeux du joueur. Les Hommes vivent dans une tour hautement mécanisée. Le rang social y tient une place primordiale puisqu’il définira l’étage de la tour auquel l’habitant aura accès. Plus le rang est important, plus hautes seront les zones d’accès. Les bas étages étant donc réservés à la lie de la société. Cependant, si la cime de la tour abrite les grosses huiles, le pouvoir ne leur appartient pas en totalité, puisqu’une identité retorse possède un pouvoir suffisant pour que chaque membre de cette gigantesque communauté vive au dépend de ses décisions, l’élite dirigeante y compris. En dévoiler d’avantage sur les rouages qui composent l’organisation, reviendrait à raconter l’histoire du jeu. Celle-ci se distille de manière pertinente en début et fin de chaque chapitre (une quinzaine environ) grâce à des cinématiques de très bonne qualité. Et puisque les créateurs de ce titre ont pris soin de ménager le suspens jusqu’à la dernière minute, il ne serait pas de bon ton de vous priver de coups de théâtre bien sentis.
C’est dans cette ambiance politico-intrigante que vous incarnez une équipe de trois détectives, chasseurs de primes, réunis par les affres du destin (d’où le titre en version européenne peut-être ?). et remplissant des missions aux grés de leurs rencontres avec les habitants de la tour. Vashyron, la figure mature de l’équipe apparait comme un homme d’action rompu au combat. Des trois, il est le plus intégré à la société dans laquelle ils vivent. Leanne, est une jeune fille brune/ blonde, qui tenta de se suicider mais sera sauvée in-extremis par Zephyr un jeune homme taciturne qui passait par là et qui su réagir à temps. La jeune fille s’intégrera plus ou moins facilement à l’équipe mais brillera au même titre que ses collègues lors des impressionnantes phases de combat rappelant les gun-fights si cher à John Woo. Bien que, de base, légèrement convenu, le caractère de ces personnages s’étoffera rapidement au fur et à mesure de leurs pérégrinations.


Technique ? Vous avez dit technique ?
Visuellement, trois modes de déplacement sont utilisés dans le gameplay. Durant les phases d’exploration de la tour, votre équipe, représentée par un pion, se déplace sur un damier symbolisant les étages de la tour. Ces déplacement représentent à eux seuls une partie stratégique puisqu’il vous incombe de vous frayer un passage sur le plateau. C’est à l’aide de pièces de couleurs variés, gagnées au fil du jeu, que vous y parviendrez. Peu inquiet d’élevé la difficulté du soft, les développeurs ont limité les pièces en nombre. Il faudra donc faire preuve d’une certaine réflexion avant de les placer, au risque de se retrouver coincé jusqu’à en obtenir de nouvelles au travers de combats plus où moins difficiles. C’est durant cette phase que votre équipe accède finalement aux différents étages de la tour. Le deuxième mode est plus classique ; lorsque du damier, vous pénétrez dans une ville, le chef d’équipe, que vous pouvez prédéfinir, apparaît à l’écran et se déplace dans les rues de la zone pour récolter informations et matériels auprès des PNJ (personnages non joueurs !), dans la plus grande tradition du jeu de rôle. Durant cette phase, vous pouvez équiper, mais également customiser chaque membre de votre team. Le syndrome fashion-victim, s’il n’a pas d’incidence directe sur le gameplay, augmente avantageusement le charisme des personnages. Le troisième mode enfin, se dévoile lors des affrontements en semi-temps réel sur des arènes de combat dont les éléments jouent un rôle primordial. Zones de surplomb, murs et grilles de protections, barils explosifs… Le décor peut être autant un atout que la raison de l’échec, et vous devez impérativement prendre en compte la topographie de la zone pour ne pas vous retrouver enterré six pieds sous terre ! Il faut également gérer les affrontements avec rapidité et efficacité car une « jauge de tours » ne vous autorise qu’un certain nombre d’actions. Si celle-ci vient à se vider entièrement, vous vous retrouvez aussi démunit et apeuré qu’un nouveau-né, (sans conteste la partie la plus humiliante du jeu !). Défenses et forces vous font défaut, et la décision la plus sage s’avère souvent de fuir le combat ! Cependant, les actions que votre équipe peut réaliser lors de l’affrontement permettent de renflouer la jauge, évitant ainsi l’humiliante défaite.
Mais le décor et la jauge d’action ne sont pas les seuls aspects à prendre en compte lors des échauffourées. Si les combats rappellent sensiblement Valkyrie Profil pour leur approche tactique ; l’élément novateur est l’armement. En effet, seuls révolvers et armes de jet seront utilisés par vos héros au travers de trois catégories, armes de destruction de boucliers -mettant à mal l’armure de la cible, mais n’ôtant pas de points de vie-, celles qui ôtent les points de vie -efficaces qu’après avoir affaiblit le bouclier- et les armes de jet, grenades ou cocktail Molotov -au potentiel destructeur mais ne se trouvant qu’en petite quantité. Pour chaque combat et personnage, vous ne pouvez équiper que deux de ces catégories. Il est donc bon d’élaborer soigneusement sa stratégie avant chaque affrontement. Le dernier point novateur des combats réside dans l’accumulation d’expérience. Dans RoF (Resonance of Fate), se sont vos armes qui évoluent et se customisent pour plus d’efficacité. L’expérience du personnage correspond à la somme de l’évolution des trois catégories d’armes. Il est donc judicieux de passer de l’une à l’autre sous peine de rester bloqué à des niveaux ridiculement bas.


C’est bon quand c’est dur !
Tout cela serait trop simple (voire ennuyeux !) si les joutes ne se transformaient pas en véritables scènes cinématographiques ; les actions héroïques et les triples attaques (comprendre « en équipe » !) achèvent de remplacer les sorts et attaques ultimes que l’on peut trouver dans d’autres jeux. Techniquement, les actions héroïques permettent de marquer une trajectoire rectiligne autorisant le personnage -par le biais du sacrifice d’un point de tours’ d’attaquer jusqu’à atteindre la zone sélectionnée. En réitérant cette technique avec tous les membres de l’équipe, vous avez la possibilité de cumuler des « points de resonnance » (en croisant leurs trajectoires !) puis en formant un triangle autour d’une cible et armés de ces PR, vous pourrez lancer la puissante triple attaque (chorégraphie sublime faisant intervenir les trois membre de l’équipe.). De plus, d’autres tactiques existent pour extorquer de précieux objets à vos victimes, comme les attaques écrasantes et autres frappes aériennes. Heureusement, tout cela est bien expliquer au cours d’un tutorial facultatif mais bienvenu. Pour finir de cataloguer Resonance of Fate dans les titres à haut niveau de difficulté, évoquons le game-over ! Pouvant survenir au cours de n’importe quel affrontement pris trop à la légère, il vous obligera à reprendre votre partie en l’échange d’une certaine somme ! Différentes option de continue existent, allant du simple chargement de sauvegarde, gratuit, à la reprise du dernier combat pouvant se facturer deux milles pièces d’or ! A utiliser donc avec parcimonie. Curieusement, si la difficulté empêche une bonne partie des joueurs de s’intéresser à ce titre, c’est cette même technicité qui ravit une communauté d’acharnés en offrant un challenge renouvelé à chaque duel ! Il est extrêmement grisant de revenir sur les lieux d’un échec pour adopter une nouvelle stratégie en tenant compte des éléments tels que les capacités de son équipe, la topographie du décor et les points forts/faibles des adversaires. L’agréable surprise de RoF vient de la tendance des Jeux de rôle à offrir des équipes de joueurs conséquentes et des « rôles » bien précis : épéistes, magiciens, voleurs, etc.…, RoF innove en offrant à tous les personnages les mêmes capacités. Au joueur, par la suite, de former son équipe selon ses propre convenances. Cette liberté apparaît comme une véritable bouffée d’air frais dans un genre qui commençait à se renouveler difficilement, et la profondeur de l’histoire de chacun des personnages les rendra vraiment attachant, la modification de l’apparence achevant de faire de chaque partie un événement unique. En règle générale, ce genre de titre exigeant ne dépasse pas les frontières de l’archipel Nippon, la démarche est donc à saluer, d’autant plus que le texte est intégralement traduit en français, tandis que le doublage reste assuré par les voix japonaises d’excellente qualité.


Un pari osé
Proposer un titre tel que Resonance of Fate en version européenne tient de la gageure tant son « gameplay » technique ne manque pas de refroidir de prime abord ! Pourtant celui-ci, une fois maîtrisé, offre des sensations fortes renouvelées à chaque victoire ! SEGA et Tri-Ace semblent s’intéresser aux nombreux joueurs, autres que japonais, aimant relever les défis proposés par un « gameplay » novateur. De plus, aller à contre courant en offrant un challenge de taille là où d’autres rabâchent les mêmes formules, prouve que le RPG japonais n’a pas fini de nous surprendre ! Sur bien des aspects, Resonance of Fate est une petite perle conçue avec soin. Sa finition « léchée » en fait sans hésitation une référence du genre à ce jour ! Il serait dommage de passer à côté d’un titre d’une telle qualité, et ce que l’on soit néophyte ou vieux routard des jeux de rôle.
Alan.
Points forts :
- de grandes qualités graphiques et sonores
- une intrigue mature qui se distille tout au long de l’aventure
- un gameplay innovant dans la lignée des soft Tri-Ace
Points faibles :
- la grande technicité du soft qui s’adresse donc en priorité aux joueurs les plus acharnés.
La Note Le Mag Jeux Vidéo : 18/20
Editeur : SEGA
Support : PS3 et Xbox 360
| Imprimer l'article | Cette entrée a été posté par J.B le 19 avril 2010 à 16 h 21 min, et placée dans En Une, PS3, Test de jeu. Vous pouvez suivre les réponses à cette entrée via RSS 2.0. Vous pouvez laisser une réponse, ou bien un trackback depuis votre site. |





















