Dante's jaquetteAprès les excellents opus de Dead Space, Visceral Games revient à la charge, toujours dans un univers gore à souhait, avec Dante’s Inferno. Un « soft » qui s’inscrit dans le genre très prisé en ce moment de beat-them-all. Incarnant Dante, vous devrez parcourir les neufs cercles des enfers à la recherche de Béatrice, l’épouse du héros, enlevée par le malin. Notre guerrier devra ainsi expier ses nombreux pêchés avant de toucher au but…

 

L’horreur à son paroxysme

 

De retour de croisade, Dante découvre avec effroi, à son retour en Italie dans la ville de Florence, que sa bien aimée a été assassinée, son âme ayant été kidnappée par le démon. C’est ainsi que va démarrer une périlleuse quête avec le royaume des enfers pour terrain de jeu. Armé d’une faux puis du pouvoir de la croix sacrée de Bénédicte, il faudra ainsi parcourir des mondes littéralement effrayants, peuplés de malheureuses âmes prisonnières de leurs souffrances.

 

Un aspect vraiment atroce, bien rendu par le jeu d’EA, les cris des victimes humaines étant réellement de nature à nous faire froid dans le dos…Falaises d’Arcéon, Limbes, neuf environnements devront ainsi être parcourus, vous donnant également la possibilité d’absoudre ou achever les âmes de personnages légendaires comme Orphée -séparé de sa bien aimée Eurydice- ou encore Ponce Pilate. Une notion de choix (absolution ou achèvement) qui s’appliquera également aux nombreux adversaires affrontés durant la bataille. Héros sur la voix de la sagesse ou brute sanguinaire sans pitié, c’est à vous que reviendra la lourde tâche de décider de l’orientation de votre quête. Et histoire de varier un peu l’action, de nombreuses combos, projections et autres pouvoirs spéciaux (glace, feu…) viendront enrichir la palette de coups disponibles. A ce niveau, l’utilisation du pad de la 360 s’avère très efficace, malgré le nombre important d’action possibles. De plus, vous aurez le loisir de chevaucher les créatures les plus monstrueuses, afin de terrasser plus facilement vos ennemis. C’est aspect « gameplay » s’avère assez intéressant et plutôt plaisant à l’usage, grâce aussi à la présence de « fatalités » à exécuter en utilisant les bonnes touches au bon moment. Un minimum de réflexes sera donc obligatoire. Ce point confère aux parties une vraie dose de « fun », ces petites séquences animées se montrant assez distrayantes. Parmi les ennemis, outre les boss/mini-boss, nous rencontrerons des âmes de bébés armées jusqu’aux dents, des anges maléfiques ou encore des âmes damnées. Durant toute l’avancée, on retrouve de nombreuses scènes qui prennent aux tripes, tant cette ambiance de souffrance est parfaitement relatée. Une horreur de tous les instants très présente visuellement (âmes se jetant dans le puits ou se faisant brûler en masse) mais également en matière de son. L’ambiance sonore nous gratifie de nombreux effets, cris, bruits de lames tranchant des victimes et autres dialogues effroyables. Additionnellement, la musique apporte également son lot d’émotion aux diverses scènes d’arrière plan ou de combat, par le biais d’une musique classique grandiose et dramatique à la fois. Véritablement un exploit de ce point de vue là…Mais Dante’s Inferno réussit également son coup graphiquement, en proposant des décors somptueux, immersifs à souhait et agrémentés par de magnifiques ciels apocalyptiques. On dénotera toutefois une réalisation des protagonistes un peu moins réussie, ces derniers adoptant quelque fois des rendus grossiers.

 

Pour en revenir à l’aspect action, en plus des phases de combat, diverses périodes de « grimpette » (seul ou à dos de monstre) et de plateforme se présenteront à Dante, de même qu’une utilisation régulière de lianes et autres chaînes permettant d’atteindre des lieux difficiles d’accès. On déplore toutefois une certaine rémanence dans ces périodes, pas toujours plaisantes, voir lassantes. Reste quand même un certain rythme dans les combats, surtout face à plusieurs ennemis. On appréciera d’ailleurs l’efficacité des enchainements proposés ou encore la beauté de quelques coups spéciaux. En terme de longévité, il faudra compter une petite dizaine d’heure de jeu, sachant que quatre niveaux de difficulté seront disponibles. L’ajout de contenu additionnelle intéressant pourrait toutefois accroître cet aspect à terme…

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Très classique mais « diablement effroyable »

 

Dante’s Inferno pourra décevoir les joueurs dans le sens ou il ne proposera pas de réelles grosses innovations en terme d’expérience, surtout face aux petits bijoux que représentent The Darksider et Bayonetta. Malgré tout, l’univers se veut beaucoup plus sombre et dramatique, le « soft » jouant énormément sur une atmosphère très bien étudiée et particulièrement réussie. On nous promettait une véritable descente aux enfers et sur ce point, Visceral offre une expérience jamais connue dans un tel jeu. La souffrance des âmes damnées rend le joueur mal à l’aise, de façon constante, toujours dans une profusion de gerbes de sang, amputations et autres empalements. Abominable, voilà le terme qui nous vient à l’esprit en raison de l’action perturbante qui se déroulera sous vos yeux tout au long de l’aventure. Une aventure également parfaitement maîtrisée d’un point de vue plus technique, les graphismes, la bande-son ainsi que les animations proposées pour le héros, les adversaires et les personnages d’arrière plan, étant de très grande qualité. Une excellence qui s’applique aussi à la maniabilité, Dante’s Inferno offrant une large palette de coups à débloquer, des fatalités gores et « fun » à sortir, et des phases de plateforme ou autres toujours maîtrisables. Cependant, à ce niveau, le jeu pêche par un manque de diversité dans l’action, ne parvenant que trop rarement à nous surprendre. Ici, l’originalité fait place à du grand spectacle et des frissons dignes d’une effrayante production d’épouvante. On aurait aimé des phases de jeu originales, particulièrement dans ce contexte « trippant » des enfers. Ceci étant, ces deux aspects mis bout à bout permettent tout de même de vivre un grand moment de jeux vidéo, riche en émotions, du moins pour les amateurs de surenchère horrifique. Car clairement, l’aspect dérangeant des scènes proposées pourra en rebuter plus d’un…Reste à conclure sur une difficulté pas si mal dosée, pour une aventure de durée correcte dans ce style de jeu (9h à 10h), avec de belles promesses concernant le contenu additionnel à venir.

Un titre à ne pas mettre entre toutes les mains, en raison de son atmosphère d’horreur particulièrement bien retranscrite et brillamment mise en scène, donc très dérangeante. Également un beat-them-all défoulant, bien qu’assez classique en terme d’action pure.

 

J.B

 

La Note Le Mag Jeux Vidéo : 16,5/20

Éditeur : Electronic Arts

Supports : Xbox 360 et PS3

 

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