Test : Heavy Rain (PS3)
Quantic Dream sort finalement le très attendu Heavy Rain sur console PS3. Un « soft » qui nous propose de devenir l’acteur d’un film. Avec des moyens dignes d’une production hollywoodienne, le jeu possède ainsi l’allure d’un véritable thriller. Une intrigue assez conséquente, au vu du temps de développement qu’il a nécessité (pas loin de 2 ans de travail scénaristique et plus de 2000 pages de scénario).
Une expérience diversifiée
Autant dire que les producteurs du jeu ont voulu que chaque joueur puisse connaître une évolution différente pour ses protagonistes. D’ailleurs une vingtaine de fin sont possibles, en fonction des actions engendrées dans le jeu. Un simple geste, peut changer du tout au tout le déroulement futur d’Heavy Rain. Même la mort d’un des personnages ou échec d’une épreuve ne signifiera pas la fin de la partie. On joue à un jeu qui permet de pratiquement tout réaliser. Des gestes du quotidien comme se brosser les dents, prendre une douche ou d’aller boire un verre, n’apportent strictement rien mais augmentent à chaque occasion l’intérêt du jeu, de part un « gameplay » habile via le stick analogique gauche, ce dernier servant à réaliser des manœuvres demandées à l’écran. Des « 1/4 tour » en passant par des « cercles entier » devront être suivis pour que le personnage accomplisse les actions. Par contre une petite subtilité viendra se mêler à tout cela. Certaines commandes devront être faites lentement au risque de recommencer ou de faire un geste malencontreux qui éveilleront les soupçons de votre hôte. Par ailleurs, chaque phase de jeu vous obligera à suivre minutieusement les indications à l’écran pour ne pas modifier l’histoire. Si la prise en main n’est pas difficile à adopter, on note tout de même quelques « ratés » de temps à autre. On dénote en effet un déplacement laborieux des personnages dans les phases de déplacements. En terme de sélection, les choix des personnages apparaîtront sur l’écran vous proposant de presser sur le bouton associé. Du « m’en foutiste » au « raisonnable », vous pouvez choisir le caractère qui vous va le mieux. Seul bémol, suivant la position de la caméra, les choix ne seront pas superbement visibles. Dommage car on perd beaucoup de temps à essayer de lire les autres choix. On nous propose ensuite d’incarner quatre personnages dans une histoire commune : la recherche de la vérité sur « le tueur aux origamis ». Une alternance se fera entre les différents protagonistes. De quoi comprendre comment se gère la quête du tueur d’enfant, vue par les autres personnages.


Quatre protagonistes à incarner
On commence par Ethan Mars, jeune père de deux garçons et accessoirement architecte. La première scène du jeu vous demandera de le lever de son lit. L’occasion de se prendre une première « bonne petite claque » ! Le personnage offre en effet un rendu vraiment très réaliste. Les programmeurs ont fait un beau travail graphique sur la texture et le rendu des Hommes dans Heavy Rain. Les héros proposent ainsi un degré de réalisme stupéfiant. On voit les muscles du torse d’Ethan bouger lorsqu’il se lève. Vraiment bluffant! Après avoir lavé soigneusement les dents du monsieur, être passé aux toilettes et pris une douche, le jeune père va se reposer en attendant le reste de sa famille pour fêter l’anniversaire d’un de ses fils. On en profite pour visiter la grande maison, dans laquelle on pourra pratiquement tout faire. Allumer un téléviseur, la radio, s’asseoir dans le canapé, tout ceci est laissé au bon vouloir du joueur. Rien de véritablement exaltant et surtout d’une banalité affligeante dans la vie réelle, on reste étonné de toute ces possibilités quand elles sont implantées dans un jeu vidéo. Les autres membres de la famille arrivent ensuite. Dès lors, libre à nous de les aider ou non dans leurs tâches. On peut très bien jouer -par exemple- le rôle d’un homme macho (NDLR : t’as de la chance, la journée de la femme, c’était hier!!), cela n’arrêtera pas l’histoire. De même si vous faites le choix d’incarner un père attentif avec ses enfants, jouant régulièrement avec eux. Tout cela est permis. En un mot, le personnage sera un « nous » virtuel. Autre scène impressionnante, celle du centre commercial. Le héros perdra de vue son fils et il faudra aller le rechercher. Le petit garçon se baladera au milieu d’une foule sachant que l’ on ne pourra le voir que grâce à son ballon qui dépassera de la masse. En essayant de suivre son fils, Ethan devra ainsi se frayer un chemin en essayant de ne pas perdre le petit du regard. Difficile surtout que la foule ne nous facilitera pas la tâche. On s’y croirait presque. La musique contribue également grandement à l’ambiance, cette dernière se montrant digne d’un bon thriller. Elle apporte de la pression et une part de stress. De quoi vouloir retrouver l’enfant au plus vite…Malheureusement, le père et le fils seront victime d’un accident par la suite, entraînant la mort du petit garçon (ndlr : ça calme!).
C’est ici le point de départ de l’histoire d’Heavy Rain. Après être sorti du coma, le papa se retrouve avec une famille décomposée, vivant seul dans une maison misérable. Il partage la garde de son dernier enfant avec son ex-femme. Encore une fois, les relations sociales représenteront un élément déterminant. Le père va tenter de maintenir un lien fort avec son dernier qui n’a pas l’air de lui avoir pardonné la perte de son frère. Donc il faudra « chouchouter » le bonhomme (ndlr : salle gosse, oui!) en jouant avec lui, en lui parlant ou en lui préparant à manger. Recommencer une autre vie en quelque sorte. On apprécie l’absence totale de violence dans ce jeu, assez rare pour être signalé…. On déroule la vie qu’on a envie de donner à ses personnages. Aller faire jouer le père et son fils dans un parc de jeu. Le balancer sur la balançoire, lui faire faire un tour de manège, bref, lui changer les idées. Mais encore une fois le sort s’acharne sur Ethan et perdant également ce dernier fils (ndlr : décidément!) à nouveau son fils, cette fois ci kidnappé par « le tueur aux origamis ». Celui-ci lui demandera de suivre à la lettre ses recommandations pour obtenir des indices. La course à la vie commencera alors. Pendant ce temps, on fait connaissance avec le détective privé Scott Shelby. Il a été engagé par les familles des victimes pour retrouver la trace du meurtrier. Ancien policier, le personnage est plutôt mastoc et cynique mais au final, se trouve être une personne assez sympathique, voir attachante. Il ressemble d’ailleurs à pas mal de personnages que l’on retrouve dans les séries policières américaines. Scott aura pour mission de retrouver des indices que la police n’a pas découvert ou des témoins qui ont encore quelque chose à dire. On incarne également parallèlement un agent profiler du FBI du nom de Norman Jayden. Grâce à une technologie avancée du bureau d’investigation américain, il sera capable de trouver des traces d’empreintes dans les lieux qu’il fouillera. Il suffira au joueur de se balader dans la zone et d’appuyer sur « R1 » pour voir apparaître des éléments que les yeux ne pouvaient voir avant. Une fois les indices recueillis, on pourra les analyser, trouver leurs provenances et leurs propriétaires. Très utile pour avancer dans la partie. Néanmoins, ce brave Norman souffre d’un manque maladif. En effet, l’agent a besoin de triptocaïne régulièrement, pour rester conscient. Une dépendance qui lui jouera d’ailleurs des tours…Ce sera donc à vous de choisir si vous optez pour la facilité en lui en procurant la substance, ou au contraire, si vous allez résister. Une histoire personnelle rendant l’aventure encore plus passionnante et poignante. Vient enfin le tour du dernier invité au joyeux jeu que nous fait partager le tueur. La jolie Madison Paige, journaliste de son état, vient compléter le tableau. Elle fera la rencontre de Ethan et décidera de l’aider dans sa quête. Comme tout bon reporter, elle ira fouiner dans des endroits peu fréquentables pour obtenir des indices ou confessions. C’est un peu une partie de plaisir pour un joueur masculin, car il sera possible de la voir prendre sa douche, faire un strip-tease ou aller aux toilettes pour les plus fétichistes d’entre nous (ndlr : tu me déçois P.R!). A nous aussi de choisir quelle relation elle entretiendra avec l’architecte.

Quelques failles techniques mais une grande aventure !
En alternant tous ces personnages, on peut donc commencer à apporter des hypothèses. Seulement tout peut être faussé si on ne réussi pas une phase ou si notre personnage est rayé du jeu. L’histoire sera modifiée et l’intrigue par la même occasion. Voilà une des qualités de ce « soft », le changement de direction instantanée du destin des personnes par des actions plus ou moins réussies. Les scènes du jeu sont par ailleurs toujours servies par une bande son efficace. On a véritablement l’impression de regarder un film. Même si la gestuelle des personnages nous ramène à la réalité, en raison de la décomposition des mouvements vraiment moyenne, car trop saccadée. On pourra aussi lui reprocher les bugs 3D assez gênants lorsqu’il y a foule. On restera bloqué par une personne dont on croirait que ses pieds son cimentés au sol. D’autres détails comme l’impossibilité d’emprunter un espaces vide entre deux murs confirmeront ces quelques défauts. Mis à a part ces points négatifs mineurs, le jeu présente tout de même une réalisation globale de grande qualité. On évoquera la retranscription très réaliste des visages, par exemple lors des temps de chargement. Très réalistes, ils comporteront même des imperfections, comme le vilain bouton blanc que se paye Norman.
Impressionnant cette précision dans les faciès. Un dernier mot sur la maniabilité, très instinctive et plaisante lors des phases d’action mais tout de même un peu « pataude » lors de déplacements. En revanche, les thèmes sonores demeurent d’excellente qualité, tout comme les différents bruitages.
Pour résumer, ce Heavy Rain sur PS3 est bien le « hit » attendu. Il rappelle sous plusieurs aspects, l’impression donnée à l’époque par Shenmue. Un jeu qui a également le mérite de ne pas être trop violent, tout en offrant une histoire « qui tient la route ». La possibilité d’avoir des fins différentes représente aussi un vrai plus, permettant d’offrir à celui qui décidera de toutes les découvrir, de bonnes semaines de jeu bien remplies. Concernant la longévité « brute »de l’aventure, il faudra tabler sur 8 à 10 heures de jeu. Un excellent jeu qui plaira à tous les amateurs du genre, fans de polars américains.. En espérant que Sony et Quantic Dream nous ressorte des jeux d’aussi bonne qualités dans les mois à venir…
P.R
Points forts :
- le scénario
- quatre points de vue en parallèle
- de nombreuses fins
- durée de vie exceptionnelle
- graphismes très réalistes
- bande-son immersive
Points faibles :
- quelques « bug » d’affichage
- animations des protagonistes saccadées
- prise en main assez rigide
La Note Le Mag Jeux Vidéo : 18/20
Éditeur : Sony
Support : PS3
| Imprimer l'article | Cette entrée a été posté par J.B le 9 mars 2010 à 17 h 38 min, et placée dans En Une, PS3, Test Complet. Vous pouvez suivre les réponses à cette entrée via RSS 2.0. Vous pouvez laisser une réponse, ou bien un trackback depuis votre site. |









