51tRUr6ArOL__SL500_AA300_Après l’exceptionnel Darksiders, THQ espère continuer sur sa lancée en proposant Metro 2033, un FPS se déroulant dans un futur dévasté en Russie. Exclusif à la Xbox 360, ce jeu d’action vous opposera à de nombreux adversaires humains ou mutants, dans les galeries du Métro Moscovite, dernier endroit encore habitable en ces temps d’apocalypse…

 

Fascistes, Communistes, Aliens et Fantômes, dans une guerre froide, mondiale, sous Tchernobyl…autre chose ?

 

Suite à de multiples événements ayant frappé la capitale Russe, une poignée de personnes s’est réunie dans les sombres couloirs du Métro, les sous-terrains permettant de survivre en attendant des jours meilleurs. C’est ainsi que civils et soldats se retrouvent mêlés dans une véritable petite cité abritant la population encore en vie. Un endroit humide, crasseux et parcouru par de nombreuses bestioles peu ragoutantes, dans un contexte de guerre civile. Car en plus de l’air devenu irrespirable en surface, des troupes armées se livrent à des guérillas sub-urbaines. Et histoire d’en remettre une couche, extrémistes communistes et fascistes se sont également donnés rendez-vous dans le métro. Vous en voulez encore ? Et bien en marge de cette présence humaine hostile, nous trouverons aussi des monstres mutants particulièrement rapides et violents, ainsi que des esprits errants de défunts ! Un mélange des genres assez déconcertant, d’autant que le scénario nous perturbe d’avantage en ajoutant une dose de para-normal. En effet, les multiples explosions mondiales semblent avoir réduit à néant enfer, paradis et purgatoire, empêchant ainsi les esprits de quitter les lieux. Évoquons par ailleurs la présence de boules d’énergie et champs magnétiques dotés d’intelligence, et nous voilà en présence d’un « soft » regroupant à lui seul tous les films catastrophes et de science-fiction Américains sortis à ce jour ! Concrètement, on tarde un peu à s’y retrouver et à prendre ses marques, l’association de tous ces thèmes n ’étant pas forcément attrayante de prime abord. On ressent même une impression de « fouillis » scénaristiques comme si le studio en charge du développement avait hésité entre plusieurs thèmes pour finalement tous les intégrer simultanément. D’un autre côté, cette « pagaille » sans doute voulue permet de nous faire oublier que l’on se retrouve une fois encore en face d’un FPS, genre sur-exploité sur consoles H.D. Il devient d’ailleurs fort difficile de se démarquer dans le genre et Metro 2033 ne contredira pas totalement cette vérité là. Les débuts se montrent en effet assez laborieux, malgré un environnement original. On trouve ainsi toutes les bonnes recettes du FPS avec l’arsenal composé d’armes d’assaut (Fusil à pompe, mitraillettes, Kalaschnikoff, fusil sniper…), de poing (magnum, pistolet…), de grenades et d’armes blanches comme une épée ou des couteaux. Les commandes proposées restent également dans la veine de ce qui se fait dans les autres productions du genre, avec toutefois un vrai bémol concernant l’avancée dans les décors. On note effectivement des situations agaçantes vous empêchant de bouger pendant plusieurs secondes, coincé par un objet ou un muret presque invisible, notamment en raison de la faible luminosité ambiante. Des situations qui ont tendance à se répéter, notamment lors d’affrontements face aux monstres, ces derniers exigeant de vous une totale mobilité et une réactivité sans faille dans les mouvements. Du coup, on en perd quelque fois le fil des combats…Mais on ne peut réduire Metro 2033 au rang de simple énième FPS, même si de prime abord, on peut trouver une influence se situant quelque part entre un Call of Duty et un Left 4 Dead, avec une pointe de Perfect Dark. Revenons un instant sur l’armement, ce dernier apportant quelques petites nouveautés dans le domaine. On appréciera ainsi le fait de devoir faire usage de la pompe à pression de certaines armes de façon régulière, ce afin de réamorcer ces dernières. Un paramètre qui obligera le joueur à se cacher pour prendre le temps d’exécuter l’action. Autre ajout intéressant, avec l’utilisation du masque à gaz, tout bonnement vital. Selon les lieux visités, vous devrez vous équiper de l’objet sous peine de suffoquer rapidement au beau milieu d’émanations toxiques. Afin de garantir son bon fonctionnement, vous devrez aussi récupérer régulièrement des cartouches sur les cadavres humains, pour ne jamais vous trouver à cours d’oxygène. Enfin, il faudra se méfier des vos adversaires qui pourront détériorer votre protection au cours d’affrontements. Des affrontements généralement très disputés et quelques fois stratégiques. Si les combats face aux monstres demeurent peu attrayants en raison du manque de diversité visuelle de ces derniers et de leurs techniques d’approche toujours prévisibles (courir et sauter…), la situation sera d’avantage complexe face aux soldats de l’armée rouge et autres combattants. Ainsi, dans la plupart des cas, les humains seront retranchés dans une petite base qu’il faudra investir progressivement. La première approche pourra par exemple se faire en tirant sur toutes les sources de lumière pour ensuite poignarder discrètement les soldats isolés. Après quoi, une bonne grenade sur le « gros du paquet » infligera de solides dégâts qui devront être suivis par une retraite partielle. Oui, car nos humains ne patienterons pas longtemps avant de se disperser pour vous débusquer. Chacun d’entre eux possèdera sa propre façon de faire, paramètre occasionnant des moments de tensions face aux meilleurs d’entre eux, ou des périodes de « tir au pigeon » contre les plus stupides de l’armée. Toujours est-il que ces comportements variant d’un ennemi à l’autre apportent un minimum d’intérêt aux affrontements, vous obligeant à jongler intelligemment entre vos armes. Le décor regorgera aussi d’objets alliés (comme des lampes à pétrole à éteindre, mitraillettes sur tourelles) ou ennemis (boites de conserves suspendues à des filins, chute de bûches prêtes à vous empaler…), accentuant encore ce côté stratégique. D’une façon générale, toutes ces phases procurent une bonne dose de plaisir, pour peu que l’on passe le cap des premières missions, assez ennuyeuses il est vrai. Toujours est-il que l’arsenal mis à disposition remplit son contrat en offrant des sensations variées, malgré une set-list relativement classique. Notez que des marchés seront aussi accessibles dans les camps, vous donnant la possibilité d’acheter ou vendre vos armes, munitions et autres objets, comme des trousses de secours et seringues régénératrices. Pas un luxe, certaines étapes du jeu étant quelque fois délicates à négocier, en raison de la pugnacité des opposants à plusieurs occasions. C’est principalement leur sur-nombre qui posera problème, surtout s’agissant d’être humains. Rien d’inaccessible mais un challenge plutôt supérieur à ce que l’on peut rencontrer dans le genre.

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Performances techniques mesurées

 

Évidemment, le fait de choisir un contexte graphique sombre -puisque se déroulant dans le sous-sol-, permet probablement de masquer d’éventuelles lacunes techniques. Toujours est-il que la représentation des conduits se révèle convaincante. Non pas que le visuel soit particulièrement impressionnant, mais on apprécie l’atmosphère humide et glauque quasiment palpable, de nature à nous immerger correctement dans l’histoire. On trouve ainsi de nombreux détails comme des rats et cafards grouillant sur le sol, des tâches d’humidité sur les murs ou encore des flaques d’eau dont on imagine l’odeur nauséabonde…Une atmosphère bien rendue, supportée par une bande-son plutôt bonne également, quoique discrète. Une musique d’ambiance rémanente mais parfaitement adaptée aux scènes, permettant de rester captiver par l’aventure lors de phases de recherche, sans pour autant perturber les affrontements (lors d’échanges de tirs, la musique devient inaudible). Signalons aussi la qualité des bruitages, ces derniers contribuant toujours bénéfiquement à l’ambiance sonore de Metro 2033, ce par le biais du son des gouttes d’eau chutant dans les tunnels, du feu qui crépite, ou encore des hurlements primaires des mutants affamés. Des scènes de combat toujours bien retranscrites, tant au niveau de la qualité des sonorités engendrées par l’usage de diverses armes, que grâce aux commentaires et dialogues des soldats à votre recherche. On regrettera peut-être que la majeure partie des missions se déroulent sous terre, la représentation de la ville dévastée en surface se montrant plutôt réussie, autant concernant la mis en scène (carcasses de voitures, gravats, flaques nocives, route effondrée) que les graphismes, offrant un rendu saisissant de ce que pourrait être la « pseudo fin du monde ». Ceci étant, on déplorera tout de même la qualité médiocre de certaines textures, comme des véhicules enfouis grossièrement sous une sorte de mélange de terre et poussière (on sait pas vraiment en fait…). Quelques textures bâclées qui tranchent avec le joli rendu des surfaces liquides présentes dans le décor. De plus, les personnages alliés ou ennemis proposent des rendus de qualité, comme on pouvait s’y attendre. Ces derniers se déplacent rapidement et avec réalisme, malgré la présence néfaste de quelques « bug » récurants. Néanmoins, la qualité de ces textures ne nous fera pas oublier la représentation peu agréable proposée par les créatures mutantes affrontées. Décidément, on se demande si l’ajout de ces monstres était réellement une bonne idée…D’autant qu’ils ne nous effrayerons jamais, de part leurs animations grossières, voir ridicules, nous rappelant les deux jolies bestioles visibles dans le premier film de SOS Fantômes (oui, le maître des clefs et le cerbère de la porte !). A l’époque, c’était sympa, mais là, sur 360, ça passe moyennement…

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THQ, toujours en quête d’innovation !

 

De plus en plus difficile de parvenir à proposer un jeu de tir à la troisième personne original et haletant. L’avalanche de sorties dans le domaine « tue à petit feu » cette catégorie de « soft » pourtant fort agréables à jouer. Avec Metro 2033, THQ parvient toutefois à sortir la tête de l’eau, notamment à la faveur d’une action soutenue lors des affrontements face aux mercenaires et soldats. On note aussi quelques petites originalités concernant les armes et objets, permettant de ne pas sombrer dans l’ennui qui menace désormais tous les FPS à venir. On reste tout de même déçu par la rencontre avec les mutants, carrément pas effrayants et offrant une attitude basique, entraînant rapidement l’ennui du joueur. Heureusement, ces opposants ne se montreront que pour « meubler »…Probable également que l’étrange mélange des genres (quelque fois sympathique, d’autre fois « bateau ») contribue à apporter une petite touche de fraîcheur dans le genre. On ne peut effectivement comparer directement Metro 2033 à Modern Warfare, Left 4 Dead ou même Bioshock 2, compte tenu du fait que la production THQ ne s’inscrit réellement dans aucun de ces univers. En revanche, on pourra peut-être lui reprocher de « piquer » ses idées directement à l’univers du cinéma, sans proposer de réelle cohésion dans le scénario, quelque fois confus. Une succession « d’idées » qui s’entremêlent pour décontenancer le joueur tantôt positivement, tantôt négativement. Dans tous les cas, on apprécie l’effort consenti pour sortir le joueur de la routine FPS…Techniquement, ce n’est pas parfait, mais l’ambiance réussie garantie à elle-seule la prise de plaisir. Il ne faudra pas espérer de grande diversité dans les environnements, la plupart des missions se déroulant dans la pénombre du métro. Une approche qui a toutefois son charme et qui confère un petit quelque chose de spécial à Metro 2033. Au chapitre des points négatifs, citons les contrôles parfois patauds entraînant un blocage de votre personnage pendant plusieurs secondes, ainsi que quelques bugs, des textures quelque fois bâclées et une présence « mutanesque » carrément inutile, car source d’ennui. Pour conclure sur une bonne note, félicitons cette production pour ses tentatives de renouvellement du genre, son action intense et haletante et son challenge intéressant, le tout parsemé d’une ambiance très réussie. Reste également le jeu en ligne, afin de garantir une durée de vie correcte au « soft ».

 

 

J.B

 

Points forts :

- l’intelligence artificielle des humains

- l’atmosphère sombre très bien rendue

- l’action intense et captivante

- une bande-son immersive

- quelques bonnes idées en terme de « gameplay »

- un mélange des genres osé

 

Points faibles :

- certaines textures assez laides

- les mutants, ratés sur tous les plans

- quelques vilains bug

- maniabilité perfectible dans certains cas (personnage bloqué)

- décors répétitifs (sous-sol, conduits…)

- encore un FPS…

 

La Note Le Mag Jeux Vidéo : 16/20

Éditeur : THQ

Support : Xbox 360

 

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