Même si un certain public continue de bouder Sonic, force est de constater que son passage à la 3D n’a pas été si catastrophique que cela, comme en témoignent les bonnes ventes de titres comme Sonic and The Secret Ring sur Wii. Dès lors, quoi de plus logique que de voir débarquer une nouvelle aventure de la mascotte de SEGA en exclusivité (si l’on excepte la DS) sur Wii ? Un épisode que nous avions eu le plaisir de prendre en main lors du PGW, session à l’issue de laquelle le hérisson nous avait séduits. Bonne impression confirmée ?

 

Dr Eggman nous voilà !

Dans Sonic Colours, notre très cher hérisson se lance dans une quête en compagnie de son fidèle lieutenant, Tails. Car, une fois de plus, le Dr Eggman a fait des siennes, kidnappant au passage une série de « bestioles » extra-terrestres, les « Wisps ». Son objectif ? Récupérer tous les Wisps de la galaxie histoire d’en extraire l’énergie si précieuse à ses yeux. Effectivement, ces créatures disposent de capacités hors-normes (les pouvoirs couleurs) dont Sonic va pouvoir profiter tout au long de son périple. Mais le méchant de service, Eggman, souhaite pour sa part en faire usage dans son tout nouveau parc d’attraction, pure excentricité d’un savant fou…

Avant de détailler plus spécialement le contenu de Sonic Colours, nous ne résistons pas au plaisir d’aborder le sujet des séquences animées, particulièrement attachantes et, surtout, très drôles. A condition d’avoir préalablement modifié les voix, histoire de profiter de la langue d’origine de nos héros (NDLR : le japonais…), cet opus nous captive d’emblée par le biais de ses petites scènes animées ponctuées de dialogues assez hilarants quelque fois. Le passage illustrant les problèmes de communication entre Sonic/Tails et les Wisps (faute de langage différent…) représente d’ailleurs à merveille cet esprit « léger », lorsque notre Renard met au point un traducteur…pas encore au point ! Fous rires garantis ! Et on ne parle même pas des échanges entre Eggman et ses robots totalement débiles…ça vaut le détour ! De plus, ces dialogues donnent à Sonic Colours une véritable empreinte « manga », tendance qui se confirmera d’ailleurs plus tard pendant l’avancée (planète verte). Des séquences que nous retrouverons assez régulièrement et qu’il sera possible de revoir à l’infini après déverrouillage. Un délice…

               

Sonic a aussi sa galaxie…

Parenthèse refermée, nous voilà fin prêt pour aborder l’épopée. Immédiatement, on sent que les développeurs ont souhaité donner une nouvelle une nouvelle orientation à leur licence, impression palpable dès le choix des environnements. On découvre en effet une petite interface représentant…des planètes, au sein d’une galaxie ! Sonic, Galaxie, Mario, ça vous dit rien ? Effectivement, il semblerait que le père Mario ait fait des émules, Sonic Colours proposant qui plus est, dans certains cas, quelques musiques assez proches de l’esprit Mario Galaxy. Hommage, coïncidence ? Peu importe, le résultat étant plutôt bon ! D’autant que cette « touche » emblématique ne constitue pas une norme, le « soft » disposant de sa propre identité au travers de mondes très colorés et, surtout, variés au possible. Difficile en effet de trouver des similitudes entre les décors visités, avec par exemple, cette magnifique planète “verte” agrémentée de splendides champs de fleurs tout droit sortis d’un manga Japonais; un monde faisant la part belle aux Donuts/looping et autres Hamburger géants ou un parcours dans l’espace infini, à vivre à bord d’un chariot de montagnes Russe! La thématique « galaxie » n’est effectivement jamais bien loin, mais mise en valeur différemment que dans MG et toujours dans un style visuel unique et extrêmement accrocheur. Car oui, Sonic Colours offre aux joueurs des graphismes magnifiques, tant du point de vue de la modélisation des personnages et embûches que concernant les décors d’arrière plan. Ajoutons-y de très réussis effets spéciaux (attaques spéciales, explosions, ralentis, rendu de l’eau, etc…), et on en prend véritablement plein les mirettes de A à Z, à toute vitesse qui plus est ! Alternant périodes de 2D et de 3D, le titre de SEGA rend une parfaite impression de vitesse (3D), avec des effets de dénivelés et nombreux sauts toujours impressionnants dans le contexte exposé. De plus, les loopings, turbos et rampes habituels sont toujours de la partie, tout comme les rails donnant lieu à de très efficaces mouvements de caméra (en rotation), confirmant l’aspect spectaculaire de cet opus. Et comme attendu, la prise en main « arcade » permet de se sentir à l’aise instantanément, quelque soit la manette sélectionnée (classique ou combo Wiimote/nunchuk). Le turbo s’enclenche ainsi très simplement avec la gâchette, tandis que le bouton A donne la possibilité de sauter plus loin lors de sauts au dessus du vide. Cette même touche permet par ailleurs de « fighter » les adversaires « à la chaine », avec une facilité déconcertante. On retrouve ainsi toutes les composantes d’un Sonic Classique avec toutefois le bonheur de profiter de séquences en 2D très bien conçues et quelque fois nettement plus « profondes » que leurs homologues en trois dimensions. Il ne sera d’ailleurs pas rare de passer un long moment « au ralenti », afin de grimper tranquillement au sommet d’un level, tout en faisant usage de pouvoirs couleurs. C’est d’ailleurs dans cette dernière capacité que réside une partie de l’originalité de ce « soft » nommé « colours »…

              

Les « Wisps » se présentent sous plusieurs formes et couleurs, chaque coloris octroyant une capacité spéciale à Sonic. Sans vous dévoiler chacune des ces « vocations », évoquons le Wisp jaune, donnant le loisir de creuser des galeries souterraines (ou équivalent marin), spécifiquement dans les tableaux en 2D. L’intérêt ? Remporter des bonus cachés (comme le ring spécial), des anneaux classiques, trouver des raccourcis voire, tout simplement, pour avancer dans le jeu. De son côté, le Wisp orange autorise une transformation en fusée, bien pratique pour accéder à des plateformes inaccessibles. Tous ces Wisps, une fois activés, consomment la barre de turbo jusqu’à épuisement, obligeant le joueur à rester vigilant, histoire de ne pas se faire piéger en pleine course. Pour les activer, un simple mouvement de Wiimote fera l’affaire, action parfaitement reconnue par la console. Une fois encore, nous pourrions nous risquer une petite comparaison avec Mario Galaxy, qui semble inspirer les développeurs. Un mal ? Certainement pas, l’univers de Sonic Colours étant suffisamment riche en caractère pour ne pas tomber dans le piège de la copie sans âme. S’inspirer d’ingrédients éprouvés pour en sortir un plat original et plus épicé, rien de choquant, les meilleurs exemples étant toujours source -bénéfique- d’inspiration.

Surtout que dans les faits, on prend notre pied ! Contrairement à son vieil ami Mario, Sonic nous donne des sensations à tous les étages, grâce à des animations de grande qualité, chaque séquence se déroulant toujours dans une fluidité exemplaire. On trouve de plus, ici et là, quelques petites idées de nature à améliorer le gameplay, même si les aficionados des jeux Sonic apprécierons cette prise en main connue et ayant déjà fait ses preuves. On notera, peut-être, juste quelque très légers problèmes de précision lors des sauts (séquences 2D), mais rien de vraiment marquant. Et histoire de rester dans le domaine de l’excellence, attribuons une mention spéciale pour la bande-sonore et pas uniquement en raison de la qualité des digits japonaises. Définitivement pas avare en variété, Sonic Colours chamboule nos oreilles, en utilisant plusieurs registres, en fonction de la planète visitée. On y trouvera des sonorités typiquement japonaises, mais aussi de la disco/pop très rythmée et même des grosses guitares. Dépaysement assuré à chaque fois, toujours dans un souci d’osmose thème sonore/environnement vraiment bien étudié. De leur côté, les puristes apprécieront la conservation d’une parti de l’ambiance sonore et musicale propre à Sonic. Une parfaite maîtrise de cet facette illustrant à merveille le travail de titan effectué à ce niveau. Clairement, d’un point de vue technique, difficile de critiquer quoique ce soit, le « soft » affichant un niveau de qualité générale exceptionnel. Oh que ça fait du bien !

              

Court…mais riche !

Reste cependant à évoquer ensemble l’aspect longévité, un peu moins favorable il est vrai. En effet, l’aventure se bouclera en 6 heures seulement, pour les meilleurs joueurs, voilà qui nous a laissé un peu sur notre fin, tant nous aurions souhaité persister dans cette univers, terriblement attachant. Heureusement, la notion de re-jouabilité existe bel et bien, le fait de disposer de tous les pouvoirs nous ouvrant les portes d’endroits et bonus inaccessibles jusque là. Une occasion rêvée de se replonger une seconde fois dans l’aventure avec un plaisir quasi identique, voire accru. Mais le contenu réserve encore d’autres surprises avec la navette du Dr Eggman (re-jouer les niveaux en mode défi) et, surtout, le très sympathique mode « Sonic Simulator », nous ouvrant les portes de 21 niveaux 2D certes assez semblables les uns les autres, mais toujours fun à parcourir, particulièrement à deux en coopération, par exemple en invitant Knuckles à nous rejoindre. Enfin, les amateurs de « scoring » tenteront d’améliorer leurs performances, sachant que ces derniers peuvent également être comparés à ceux des meilleurs mondiaux, via la connexion Wi-Fi Nintendo.

              

Sonic au TOP de sa forme !

Il y a fort à parier que ce Sonic Colours parvienne à récupérer encore quelques fans de la première heure. Car, en marge de ces périodes ultra-rythmées et jouissives en 3D/vue de derrière, de nombreuses séquences 2D (aventure principale + mode Sonic Simulator) viennent nous proposer une action alternative, d’avantage axée sur la plateforme pure que sur l’adrénaline. Un mélange des genres très bien réglé, donnant à cet opus un caractère bien particulier. De plus, l’inspiration « Mario Galaxy » y est savamment utilisée, sans abus et dans les environnements juste somptueux, voire attachants. Sonic Colours est beau, magnifique même ! Doté de plus d’une prise en main quasi-irréprochable (un ou deux petits problèmes « de rien du tout » lors de phases 2D) et d’une bande-sonore de très haut niveau, le hérisson bleu ne trébuche finalement que sur la durée de vie de son épopée, avec seulement six heures de longévité. Cependant, la véritable possibilité de re-jouabilité, le « scoring », les modes alternatifs et, surtout, l’immense plaisir de reparcourir cet univers merveilleux ponctué de cinématiques à la fois somptueuses visuellement et drôles, nous fait nous « lâcher » sur la note finale, histoire d’insister sur ce retour en grâce sur Wii. Sonic revient sous son plus beau jour et sur une console Nintendo, quel symbole !

J.B

 

Points forts :

- l’alternance 2D/3D

- les musiques et les voix japonaises

- l’animation

- graphismes sublimes

- univers attachant

- prise en main intuitive

- les cinématiques

Points faibles :

- la durée de vie « brute »

 

La Note Le Mag Jeux Vidéo : 17/20

Éditeur : SEGA

Genre : Plateforme

Support : Wii

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