Test : The Sky Crawlers Innocent Aces (Wii)

Sky crawlers wii jaquetteTiré du manga (The Sky Crawlers, l’armée du ciel), The Sky Crawlers sur Wii se veut assez proche de son « cousin » signé Namco, Ace Combat. Sauf que dans Innocent Aces, l’aspect visuel réaliste de la série fait place à un enrobage coloré adapté de l’anime Japonais. Incarnant Lynx, vous devrez mener votre escouade à la victoire en terminant les missions proposées. L’aspect original du « soft » vous permet aussi de suivre un véritable manga interactif, de nombreuses scènes cinématiques étant proposées entre chaque mission. Une véritable histoire ponctuée de nombreux coups de théâtre…

 

Ça débute mal !

 

Il faut bien l’avouer, notre première demie-heure de jeu sur The Sky Crawlers nous faisait craindre le pire. Tout d’abord en raison du manque d’intérêt généré par les deux premières missions mais aussi à cause d’un manque certain de dynamisme dans l’action et dans le scénario. Les premières musiques proposées restent dans cet esprit un peu « mollasson » avec en plus un visuel par forcément flatteur. Si les cinématiques se montrent d’emblée de qualité avec un style fidèle au manga -on aime ou pas-, les séquences de combats n’offrent rien d’impressionnant. Des décors aux textures simplistes et relativement dépouillées, se cachant derrière le prétexte « manga », autorisant une certaine simplicité à ce niveau. Les premiers affrontements ne rehaussent pas le niveau, avec des effets spéciaux véritablement basiques peu servis par ces bruitages purement minimalistes. Heureusement, le rendu des avions demeure plutôt réussi, tout comme les séquences d’introduction ou de conclusion, le tout agrémenté de dialogues assez sympa. C’est d’ailleurs à ce niveau que le jeu finit progressivement pas bous captiver. En effet, on finit par se prendre un jeu, le charme de l’anime opérant assez rapidement, notamment à la faveur des relations entre les pilotes, assez conflictuelles et réservant de grosses surprises durant les combats. La plupart d’entre eux font d’ailleurs preuve de charisme au fur et à mesure de l’avancée dans ce mode histoire. Dans le même temps, l’expérience de jeu s’améliore par le biais de visuels un peu plus réussis (notamment concernant les rendus de ciels) mais aussi suite au regain d’intérêt occasionné par les missions suivantes, nettement plus captivantes. The Sky Crawlers monte ainsi gentiment en puissance et parvient même à nous surprendre tant il devient finalement difficile d’en décrocher. Comme quoi, les premières minutes de jeu ne sont pas toujours révélatrices de la qualité d’un « soft »…

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Un « beau » contenu…

 

L’autre facette qui nous captive petit à petit provient de la sélection d’avions qui s’étoffe rapidement de façon à proposer une vraie diversité en terme de maniement et donc de plaisir de jeu. On pourra regretter le fait que seuls 12 « zings » seront débloquables, mais leurs différences intrinsèques et, surtout, les multiples possibilités de modifications permettront de rendre cet aspect très accrocheur. On distinguera deux types d’évolutions. L’amélioration des performances tout d’abord, autorisant de nombreuses combinaisons de pièces. Moteur pour la vitesse, ailes pour la maniabilité, blindage, arme (correspond à la puissance de tir), couleur ou encore cockpit, afin d’augmenter votre puissance offensive. Ainsi, chaque catégorie vous donnera accès à une dizaine de pièces aux capacité bien différentes. Concrètement, leur choix dépendra beaucoup des caractéristiques « de base » de votre machine. Par exemple, un avion très léger et donc maniable pourra se permettre de prendre quelques kilos en plus afin d’améliorer sa résistance aux balles, ce en conservant une prise en main de qualité. A l’inverse, un avion plus massif (de type bombardier) devra s’alléger au maximum afin d’offrir de meilleures réactions en vol. A moins que l’on assume pleinement la compétence de base de l’engin en le confortant dans sa solidité et sa capacité d’armement, au prix d’une agilité fortement réduite…Choix sera laissé à chacun, en fonction des missions et préférences personnelles à ce niveau. La seconde possibilité d’évolution concernera les armes. Une fois encore, le choix sera assez conséquent. On trouvera ainsi divers types de mitraillettes adaptées à différentes situations, comme le combat aérien ou la destruction d’objectifs terrestres/marins. Même sélection en terme de bombes avec des ogives à fragmentation ou de terribles bombes au napalm. Des missiles seront aussi disponibles (missiles classiques, anti-sousmarins, terrestres…). Évidemment, « vieux coucou » oblige, une seule arme secondaire pourra être sélectionnée. Notez que dans certaines missions, un appareil photo sera embarqué, de manière à prendre des clichés de points stratégiques.

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Paré au combat, reste à définir votre façon de jouer, toutes les manettes étant supportées par The Sky Crawlers. Si le duo wiimote/nunchuk (nunchuk en guise de « manche) est plutôt bien géré, sa précision reste moyennement bonne à l’usage et de nature à rendre la tache plus difficile au fil de l’évolution. C’est pourquoi nous conseillerons d’avantage la manette classique (ou pad gamecube), particulièrement efficace et agréable à utiliser. Concrètement, les possibilités de figures en vol dépendront du niveau de difficulté choisi. En mode avancé, des « tonneaux » et quelques actions complexes vous seront proposées. En mode débutant, l’action restera assez soutenue, sachant que l’on pourra faire appel -en plus du tir principal et arme secondaire- à une manœuvre intéressante déclenchable une fois la jauge prévue à cet effet remplie. Cette dernière proposera plusieurs niveaux qui grimperont lors de la poursuite d’un opposant. Une fois chargée, une pression sur le bouton Z du pad occasionnera la réalisation d’une magnifique figure permettant de se retrouver directement dans le sillage de l’ennemi. Idéal pour se sortir d’une situation périlleuse et pour abattre plus facilement un adversaire. La vitesse du « zinc » restera également libre, ayant le loisir d’accélérer et ralentir à volonté (touches L et R). De plus, il faudra se méfier du « décrochage » quelque fois dangereux dans une phase de « raz-motte » ou proche de la paroi d’une montagne. Globalement, quel que soit l’avion sélectionné, la prise en main se montre très « fun » et vraiment réactive. Après une petite heure de jeu, on parvient à en maîtriser toutes les subtilités, permettant de s’octroyer quelques manœuvres dangereuses, juste pour les sensations. D’autant que la moindre modification se ressentira immédiatement lors des parties. A ce niveau là, Namco à produit un super travail.

 

Cette réussite de maniabilité s’ajoute à une qualité d’animation remarquable, offrant de très bonnes sensations et des mouvements des appareils réalistes et vifs. On appréciera particulièrement les missions offrant une opposition en duel rapproché, ces phases produisant une sacrée dose de « fun ». Intense et jouissif ! D’autre part, le fait de voir évoluer les jeunes recrues dans un sens ou dans l’autre, chacune ayant son propre comportement (comme la pétillante Maumi Orishina ou l’insensible Kou Ukumori), occasionnant des affinités ou problèmes relationnels, permet de s’immerger d’avantage dans l’histoire. Un paramètre conférant un degré de tension encore plus important pendant les raides aériens. Ce parallèle entre le scénario et les combats produit ainsi son effet, mixant avec succès l’aspect simulation pure et le côté «aventure » dans une univers de manga vraiment séduisant. Ces rebondissements donnent aussi accès à des missions très différentes, vous amenant à protéger un hydravion allié en panne dans un canal, détruire des véhicules terrestres qui en ont après vos centrales nucléaires ou encore couler la totalité d’ une flotte navale protégée par une escouade pugnace. Des missions plus aériennes vous inviteront à détruire de gros bombardiers ravitailleurs, affronter un de vos collègues lors d’un entraînement (ce dans l’optique de développer une nouvel avion secret) ou -comble du bonheur-, engager un traitre en combat singulier. Certains objectifs vous obligeront aussi à frapper simultanément quatre objectifs selon un compte à rebours défini et avec la participation de trois collègues. Clairement, la synchronisation des attaques sera primordiale…Difficile de s’ennuyer ou de trouver le temps long, chacun des objectifs proposés offrant une expérience différente. Le fait de séparer chaque scène aérienne par des passages purement « manga » (cinématiques) contribue également à la variété de ce mode scénario, vraiment passionnant.

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Par contre, les dix-sept missions disponibles ne vous tiendront en haleine que quelques heures en niveau de difficulté minimum. Il est donc conseiller de jouer de suite en « expert ». Ceci étant, l’ajout de ce côté « dessin-animé interactif » prolongera l’expérience en vous faisant passer un moment très agréable et original, du fait de l’alternance de séquences actives et passives. On passe ainsi d’acteur à spectateur durant toute l’aventure, un aspect très sympa à vivre. Néanmoins, on regrettera fortement l’absence d’un mode de jeu en ligne qui aurait considérablement prolongé la durée de vie de The Sky Crawlers, avec des combats que l’on peut aisément imaginer « épiques » en réseau. Malgré tout, le mode local à deux joueurs vous donnera de bonnes doses d’adrénaline, le nombre de manœuvres possibles (mode avancé) vous assurant une variété d’action conséquente. On note aussi la possibilité de débloquer des médailles en fonction des performances réalisées, ainsi qu’un mode répétition enregistrant vos meilleures séquences de vol. Par ailleurs, on reviendra avec plaisir au mode « mission libre », très utile dans l’optique de maîtriser toutes les manœuvres possibles en mode expert.

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Ace Combat, le Manga !

 

Que l’on a eu peur lors des premières minutes de jeu ! L’aventure vraiment peu attrayante des 20 premières minutes monte finalement -et de façon surprenante- en intensité pour captiver totalement le joueur sous plusieurs aspects. Les combats aériens se révèlent très intenses, dynamiques et variés et le fait de pouvoir modifier les vaisseaux présents apporte un vrai plus à ces phases. De plus, l’histoire de The Sky Crawlers nous offre rapidement un scénario prenant, plein de rebondissements et permettant de s’attacher aux différentes personnalités représentées. Évidemment, le style « manga » ne gâche rien au plaisir. On a ainsi à faire à une vraie simulation de combat aérien mais dans un décor inhabituel donnant une bouffée d’oxygène au genre. Un point permettant d’attirer un tout nouveau public désireux de trouver une action illustrée d’une véritable histoire. Alors évidemment, on ne parlera pas d’un scénario « de génie » mais ce dernier procure son effet, réussissant à nous captiver, toujours en apportant des rebondissements intéressants. Disons-le, jamais une simulation aérienne n’avait procuré ce type d’émotions…Ceci étant, on reste un peu déçu par l’aspect visuel pendant les scènes d’action. Car même si les graphismes s’améliorent petit à petit, ce paramètre reste assez moyen pour la Wii. Il en va de même pour les bruitages, trop basiques. Bien heureusement, ce sont là les deux seuls points négatifs, The Sky Crawlers Innocent Aces rendant une prise en main de qualité, agrémentée de pas mal de subtilités, comme le ferait une simulation « pure ». On conseille malgré tout aux joueurs de préférer la manette classique au couple wiimote/nunchuk, pour une meilleure réactivité des appareils.

 

Au final, Bandai-Namco réussit son pari de proposer un jeu « typé marché Japonais » sur le sol Européen. Sous réserve d’apprécier un minimum le style visuel et le déroulement du manga, les fans de combats aériens aimeront à coup sûr cette production, pas avare en sensations fortes. Tout aussi agréable à jouer qu’à admirer en tant que spectateur, The Sky Crawlers Innocent Aces réussit le tour de force d’allier les qualités d’un Ace Combat avec l’univers particulier du manga. Comme souvent sur Wii, nous sommes en présence d’ une production pleine de fraîcheur qui ravira tous ceux se sentant attirés par l’univers présenté. Cela donnerait même envie de s’intéresser au manga original…

 

J.B

 

Points forts :

- la prise en main à la fois subtile et accessible au pad

- l’histoire du manga attrayante

- les cinématiques

- l’intensité des combats

- diversité dans les missions

- sensations très plaisantes

- les personnages surprenants et -finalement- attachants

- quelques musiques agréables

- un concept « frais »

- durée de vie correcte en mode expert

 

Points faibles :

- la prise en main wiimote/nunchuk pas parfaite

- des décors moyennement réussis

- bruitages minimalistes

- les 20 premières minutes laborieuses à tous niveaux

- musiques légèrement répétitives

 

La Note Le Mag Jeux Vidéo : 16/20

Éditeur : Bandai-Namco

Support : Wii

 

Acheter The Sky Crawlers sur Alapage

Date: 6 mars 2010

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