naughty bear 360 jaquetteIl était une fois dans une belle vallée, un adorable nounours vivant parmi les siens. Chaque jour y était un véritable conte de fée…. Hélas ceci n’a rien à voir avec Naughty Bear, la peluche la plus psychotique que le monde vidéo ludique ait engendré ! Suivez le parcours rageur de Naughty (« méchant » pour les non-linguistes) un ours en peluche aussi écorché que décidé à semer le chaos partout où il passe. C’est ainsi que naquit celui que l’on pourrait décrire comme l’improbable union entre Winnie l’ourson et Chukky la poupée sanguinaire !

Mais que les plus inquiets se rassurent, le jeu étant classé PEGI 12et + ! Pas de sang ni de viscères ici, que des plumes 100% pixels, consécutives à des meurtres violents, des amputations, des brulures au 15 ème degrésans vouloir offusquer qui que se soit bien entendu ! Les bases étant posées, il est temps de vérifier si ce petit défouloir bien pensé sur le papier, parvient -ou non- à convaincre, « manette en main ».

 

 

Au pays des rêves violents, vivent les gentils-méchants ours !

 

Tout débute avec la seule bonne action que Naughty commettra tout au long du jeu : offrir un cadeau à l’un de ses voisins lors de l’anniversaire de ce dernier. Cependant les autres invités ne l’entendent pas de cette oreille, ils chassent l’ours comme un mal propre, attisant du même coup les braises d’un feu qui éclatera sous l’aspect d’une vengeance brutale et implacable.

 

Difficile d’imaginer une émission, pour enfants de 0 à 3 ans, virer à l’étripage en règle, à coup de couteaux et autres armes contendantes. C’est pourtant ce qu’ont réalisé les développeurs du studio A2M au travers de leur jeu Naughty Bear. Histoire de poser le décor, sachez que tout commence comme dans une charmante petite émission TV, que les plus jeunes regarderaient avant d’aller à la crèche. Un beau tableau avec des couleurs flashy, des personnages tout mignons, des musiques guillerettes et une voix-off de bon papa-gâteau. Or, ce qui aurait dû être un après-midi sans souci tournera vite au cauchemar lorsque Naughty se voit refusé l’entrée à une fête de voisinage. Dès lors, la voix-off tient un discours pour le moins surprenant en incitant le nounours à prendre une revanche mémorable sur tous ses concitoyens. Revanche que la vilaine peluche choisit d’exécuter immédiatement et le plus douloureusement possible en poussant les autres à un tel degré de stress, qu’ils n’auront comme seul recours (pour ne pas finir massacré par l’ours psychopathe) que le suicide brutal et expéditif.

 

D’ailleurs cette notion de brutalité appliquée à la hâte sera omniprésente tout au long du jeu puisque dans Naughty Bear, au travers des sept tableaux composés chacun de quatre sous-missions, il faut user d’analyse afin d’obtenir les points nécessaires à l’accession aux zones suivantes; ce tout en enchaînant les tueries sans utiliser le même procédé. Évidement, dit comme cela, la chose semble ardue, et c’est en effet le cas ! Être capable de débusquer l’ensemble des futures victimes, dans un périmètre bien défini, sans laisser la moindre chance de fuite et en utilisant à la fois armes, décors et pièges pour massacrer tout ce qui bougera, nécessite talent et affinité avec la ruse. De plus, l’Intelligence Artificielle (I.A) ne facilite pas la tâche au premier venu, assurant quelques « Game over » au chaland trop hâtif ou trop sur de lui. Malgré tout, Le principe du jeu reste aussi simple qu’addictif. C’est tout naturellement alors, que se faufiler dans des décors afin de tendre des embuscades mortelles procure un véritable plaisir lorsque la manoeuvre fonctionne. A chacun ensuite de décider d’achever les ennemis avec une panoplie d’objets mortels. Cependant, Winnie l’ourson n’aura pas sa place dans cet univers, à moins d’avoir suivi un stage de survie chez les « Happy Tree Friends » puisque l’I.A fait des pieds et des mains pour survivre. N’oublions pas les adorables voisins, lesquels ont eux aussi la possibilité de réveiller leur instinct primaire de conservation en attaquant Naughty avec les mêmes types d’armes que lui. Voire de faire appel à une nounourso-police spécialement entrainée pour pallier à ce genre de comportement improbable. C’est pourquoi le Naughty Bear devra faire preuve de prudence dans sa démence, car contrairement aux apparences, le pays des ours en peluche regorge de possibilités de tuer son prochain !

Naughty Bear - Screen 4Naughty Bear - Screen 6

Une histoire pour enfants pas sages !

À cette idée originale se marie une réalisation des plus réussie. L’univers coloré s’apparente aux émissions infantiles de télévision et les protagonistes ressemblent, par leur physionomie et leur gestuelle, à des humains déguisés comme des Teletubbies. Le bruitage et la musique collent en permanence à l’ambiance, à tel point que la « mélodie du bonheur », servant de fond musical, subit des détériorations régulières au fur et à mesure que les massacres se succèdent ! Ainsi, d’une mélopée bon enfant, elle finit par ressembler à un rock trash sépulcrale s’accordant à merveille avec la folie ambiante. Pourtant, l’aspect cartoon tout mignon persiste quand même grâce à l’absence totale d’hémoglobine. En effet, Naughty Bear, ne verse pas une seule goutte de sang et pour cause, le rembourrage 100% plume synthétique assure une forme de « censure déguisée».

 

Ne perdons pas le fil non plus, l’état dans lequel sont laissés les oursons témoigne de l’acharnement que Naughty mettra à pulvériser ses victimes. Afin de varier les plaisirs 4 modes de jeux en ligne ont été ajouté à l’histoire principale permettant de réunir un nombre conséquent de joueurs. Dans la perspective de revivre les évènements tragiques -non pas, ici, sous l’œil du tueur, mais celui de la victime potentielle- on peut, en fonction du mode choisi, utiliser tout ce que nous avons sous la main pour ne pas figurer sur le tableau de chasse de notre bourreau pelucheux. Naughty Bear s’apparente donc à une parodie acerbe des programmes pour enfants. Malheureusement, le tableau n’est pas sans faille, l’efficacité nécessaire pour obtenir le plus grand nombre de points, se mêlant à la répétition de l’ensemble des niveaux du jeu. Un aspect qui pré-destine le « soft » aux plus acharnés d’entre vous. Notons par ailleurs, la présence d’une caméra manquant légèrement de souplesse et rendant certaines exécutions incompréhensibles. Mais dans l’ensemble, l’entière tenue du jeu Naughty Bear nous contentera d’une part par son approche faussement candide et, d’autre part, par la subtilité avec laquelle le gore se mêle au genre mignon. 

Naughty Bear - Screen 5Naughty Bear - Screen 3

Qui à peur du petit méchant nounours ?

Grâce à Naughty Bear, A2M réalise, sans trop de fautes, le rêve de nombreux frustrés; à savoir, mettre en pièces les peluches du cadet de la famille sans provoquer des crises. Les massacres ainsi que les différentes options à débloquer (comme les costumes par exemple) assurent une bonne durée de vie au soft. Or, soulignons un petit bémol avec cette longévité, couplée à une certaine répétitivité se révèle frustrante au bout d’un temps. Néanmoins, les différents modes de jeux, en solo ou à plusieurs, ainsi que le plaisir malsain de pouvoir massacrer toujours plus d’êtres en détresse, finiront de convaincre les plus retissants des bonnes qualités du jeu. Il nous ravira de par son univers coloré et toujours en complet décalage avec l’aspect mignon de son univers. Ainsi, Naughty Bear est conseillé autant pour son côté récréatif que pour sa dose de second degré omniprésente. Un petit ovni-vidéoludiquecomme on les aimes !

Alan.

 

Points forts :

- la sensation de massacre dans l’univers rose bonbon de Winnie l’ourson.

- la bande-son qui semble sombrer dans la folie en même tant que Naughty

- les commentaires de la voix-off

Points faibles :

- un peu répétitif

- ardu tant que le système n’a pas été complètement apprivoisé.

- la caméra

  

La Note Le Mag Jeux Vidéo : 14,5/20

Editeur : 505 Games

Genre : Action

Supports : PS3 et Xbox 360

 

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