Test : Silent Hill Shattered Memories (Wii)
Après notre récente « preview », suite à l’invitation de Konami, nous attentions Silent Hill Shattered Memories Wii avec une grande impatience. Incarnant Harry Mason, vous devrez partir à la recherche de votre fille, Cheryl, en parcourant les moindres recoins de Silent Hill, ville en proie à une violente tempête de neige. Suite à une séance chez votre psychiatre durant laquelle plusieurs questions vous seront posées, vous voilà lancé dans l’aventure, juste après l’accident de voiture dont est victime Mason.
Prise en main « façon Wii »
La cinématique d’introduction du jeu vous mettra de suite dans l’ambiance, grâce à une séquence vidéo vous permettant de faire connaissance avec la famille Mason. Une démo dynamique agrémentée d’un bon son rock sera également proposée, en guise de générique. Partie lancée, muni d’une lampe torche matérialisée par votre wiimote, il faudra commencer les recherches en visitant maisons, bâtiments et magasins peuplant la ville. Concrètement, le nunchuk vous permettra de déplacer le héros, tandis que les boutons d’action de la wiimote serviront à interagir avec le décor. Soit en ouvrant des portes, soit en effectuant diverses actions, comme le fait de retourner un objet dans le but de trouver une clef ou encore de retirer une chaine bloquant l’accès d’une porte. Toujours muni de la télécommande, vous pourrez aussi effectuer des mouvements circulaires, par exemple pour tourner une molette. Par la suite, un téléphone portable apportera une fonction « map », de manière à vous orienter dans la ville. Un appareil mobile également utile pour téléphoner (si,si!), divers numéros étant accessibles au cours de la partie. D’autres fonctions vous donneront le loisir de prendre des photos de fantômes ou autres (galerie accessible), ou encore de consulter vos messages vocaux ou écrits. Les consultations chez le psy solliciteront également les compétences de la wii en terme de « gameplay », par le biais de dessins à colorier, photos à classer selon un ordre donné, ou réponses à donner aux questions (agiter la wiimote horizontalement ou verticalement). De quoi se rendre compte de l’importante de la prise en main, particulièrement efficace et immersive dans cette version Wii. Chaque action s’exécute facilement et avec précision. Un premier facteur de nature à rendre l’aventure prenante et réaliste. Abordons désormais la mécanique du « soft », particulièrement originale et bien pensée, cette dernière se découpant en trois parties bien distinctes.

Besoin d’un psy ?
Mine de rien, vos séances chez le psychiatre se révéleront cruciales dans l’évolution du scénario. En fonction de vos réponses aux questions, mais aussi de votre attitude dans le jeu, des éléments du décor et comportements des protagonistes changeront sensiblement. Si il reste assez compliqué de déterminer exactement l’impact de vos choix, quelques uns nous ont semblé logiques. Ainsi, des questions du type « êtes vous fidèles » ou « dans l’intimité, aimez vous les jeux de rôle », auront une influence sur le visuel des protagonistes rencontrés, ainsi que sur votre attitude à leur égard. Des personnages féminins pour la plupart, avec lesquels des relations plus ou moins ambiguës pourront être vécues. Le premier exemple frappant réside dans la rencontre avec la femme policier (Cybil) qui revêtira tantôt une tenue sexy, tantôt une attitude stricte selon la tournure de vos séances de thérapie. Difficile de savoir systématiquement quel choix entrainera tel changement, mais on notera par exemple la présence d’une compagne blonde ou brune, en fonction de la partie. De nombreux changements de ce style viendront modifier le scénario, sachant que les protagonistes s’adapteront au fil de l’aventure à votre propre personnalité. On apprécie le fait que ces séances soient toujours différentes et généralement surprenantes, d’autant que le docteur en psychiatrie adoptera lui même un comportement particulier, quelque fois méprisant, voir colérique. Mais cet aspect psychologique se montre rapidement plus complexe, donnant quelque fois le sentiment que Mason se trouve victime d’une forme de schizophrénie. Ainsi, une situation de prime abord limpide (entendez par là « réelle »), pourra subitement se voir modifiée. De ce fait, un personnage changera subitement d’apparence après une brève absence du héros, créant la confusion dans l’esprit de Mason…et dans le votre. Dans le même esprit, un accident vécu d’une certaine façon sera ensuite relaté totalement différemment par la personne vous ayant secouru. Mais au fil de l’avancée, ces double-situations trouveront finalement des explications de plus en plus logiques, un peu comme cela pourrait être le cas dans des films comme Fight Club ou Sixième Sens, à un degré différent. Du coup, on est sans cesse perturbé par ces situations changeantes, ayant l’impression d’être « baladé » dans l’histoire au gré des divagations mentales de Mason. A peine acclimaté à une situation qu’un bouleversement se présentera, remettant ainsi en question tout ce qui semblait avéré jusque là…A ce niveau-ci, le scénariste à déjà réussi un « gros coup », apportant à Silent Hill un aspect inédit dans une production du genre. Un point de nature à faire vivre aux joueurs des émotions très spéciales. D’autant que d’une certaine façon, l’intrigue vous fera prendre la place de Mason, vos attitudes et réflexions ayant de plus en plus de poids dans la quête. Véritablement bluffant, voir flippant…

Fouiller, résoudre et dialoguer
La seconde partie importante de Shattered Memories concerne les phases de recherche pure, faisant passer le joueur dans divers environnements comme un collège, des égouts ou encore une forêt rendue quasiment vivante par le biais d’excellents jeux d’ombres. L’occasion d’aborder l’aspect visuel du jeu, celui étant particulièrement réussi pour diverses raisons. Tout d’abord d’un point vue « bêtement technique », on admirera les très beaux rendus de l’eau, de la neige, ou encore la modélisation plus que convaincante des personnages. Clairement, la Wii propose un beau résultat à ce niveau. Mais c’est aussi par l’intermédiaire de très nombreux effets visuels, que le titre nous plonge dans une ambiance effrayante, d’autant que la ville demeure quasiment déserte. Seul, en proie à une instabilité psychologique et durant une tempête angoissante (car de plus en plus intense), l’histoire nous prend aux tripes à tel point qu’il devient rapidement impossible de lâcher les manettes. De plus, la présence d’esprits détectables grâce aux ondes de votre téléphone portable accentuera encore cette atmosphère inquiétante, ajoutant une pointe de mysticité au tout. Des esprits ayant chacun leur histoire, qui vous sera comptée par le biais de messages vocaux, petite fenêtre sur la vie de strictes inconnus aux histoires quelque fois poignantes. Le scénariste semble dans ce cas jouer sur une théorie voulant que lors de la mort d’un individu, son énergie reste ancrée dans les murs ou objets, un peu comme une mémoire physique témoignant de scènes et émotions passées. Vraiment une riche idée…Additionnellement, une foule d’objets devront être trouvés, représentant ainsi une forme de mini-quête, dont nous vous laissons découvrir l’intérêt par vous même. Statuettes, bagues, paquet de cigarette, il seront disséminés un peu partout.Toujours dans le cadre de ces phases, plusieurs scènes en voiture seront de la partie, donnant la possibilité au joueur d’interagir avec des éléments, comme la boite à gant, les fenêtres ou encore les poignées de porte. L’occasion de bavarder un peu avec vos nouveaux amis, afin d’en apprendre un peu plus sur leurs vies, plus ou moins liées à la votre. D’ailleurs, un point intéressant viendra enrichir l’expérience, chaque personnage rencontré ayant à cœur de vous faire part de ses problèmes, par exemple en parcourant les rues de Silent Hill à pied. Mais encore une fois, ce paramètre sera plus ou moins en lien avec les choix faits chez le psy. Par ailleurs, de nombreux posters, affichettes, photos et autres publicités ont été placées un peu partout, vous laissant le choix de vous y attarder ou non, sachant que dans certains cas, des informations cruciales pourront y être cachées. Car l’autre facette de ces phases de recherche vous invitera à résoudre un certain nombre d’énigmes. Pas insurmontables, elles ne bloqueront jamais longuement le déroulement du scénario, vous demandant par exemple de trouver un mot de passe pour accéder à un ordinateur, ouvrir une porte, ou trouver un numéro de téléphone secret. Des actions assez prenantes une fois de plus, permettant de renouveler encore l’expérience de jeu. Après ces périodes d’aventure, la dernière phase se présentera ensuite d’elle même…

Zombie nation
A partir d’un certain stade d’avancée, Silent Hill changera d’apparence, figeant tous les héros vivants, afin de vous transporter dans un monde parallèle, nommé monde altéré. Dans ce dernier, fini de vous balader tranquillement en fouinant un peu partout ou en admirant les articles présents dans les vitrines de magasins. Cette fois, il va falloir courir, l’intensité montant subitement d’un cran. Une « dimension » infestée de zombies affreux poussant des cris totalement effrayants et stridents ayant au moins le mérite de vous prévenir de l’approche d’un danger imminent. Notez que votre fidèle téléphone vous aidera également à anticiper une mauvaise rencontre. Contrairement à ce que l’on pouvait croire en observant la version « preview », ces phases se montrent assez diversifiées, malgré le fait que vos assaillants présentent systématiquement la même apparence. Piégé dans des labyrinthes riches en portes, escaliers et couloirs interminables, vous devrez trouver rapidement la sortie de ce que l’on pourra qualifier de véritable cauchemar, tant le parallèle avec nos pires rêves semble logique. Une sortie par si compliquée à trouver au début du jeu, mais de plus en plus difficile d’accès, parallèlement à l’avancée dans l’histoire. Car par la suite, il sera impératif de résoudre des énigmes grâce aux indices donnés via votre téléphone, ce dans l’optique d’ouvrir une porte bloquée. Là encore, différents casse-têtes s’offriront au joueur, passant par une séance photo relativement glauque ou encore une émission de radio pas si anodine que cela…On ne vous en dit pas plus, ces dernières se révélant une nouvelle fois accessibles en terme de difficulté, dans le soucis de ne pas marquer de temps d’arrêt trop important et afin de ne pas freiner bon déroulement de la trame. Car plus que tout, le rythme s’avèrera très important, aspect particulièrement bien mis en scène dans Silent Hill Shattered Memories. Puisque nous parlons de rythme, impossible de ne pas évoquer plus directement les scènes d’affrontements avec les mort-vivants. Votre seule véritable arme sera représentée par une fusée éclairante à récupérer en chemin et qui fera fuir momentanément les ennemis. Sinon, restera la possibilité de se cacher dans une armoire ou sous en lit, solution pas viable à moyen terme. Enfin, une fois agrippé (clairement le terme adéquat !) par l’adversaire, wiimote et nunchuk permettront de se dégager en effectuant un mouvement dans une direction ou une autre. Notez que votre vie ne sera pas infinie et qu’en cas de morsures multiples, la partie s’arrêtera là…heureusement, un système de sauvegarde automatique permettra de revenir au début du niveau.

ATTENTION : Chef-d’œuvre !
Silent Hill Shattered Memories est probablement le meilleur épisode de la série…c’est dit ! On est tout d’abord surpris par l’immense variété en terme d’action, l’histoire proposant de plus une richesse exceptionnelle, pour les raisons citées précédemment. Le côté répétitif supposé se révèle d’ailleurs totalement absent, l’aventure captivant de joueur du début à la fin, sans jamais venir le lasser d’une façon ou d’une autre. L’aspect évolutif psychologique obligeant le joueur à devenir un acteur à part entière, est aussi une énorme réussite, le tout aboutissant sur une synthèse psychologique assez révélatrice de la personnalité du joueur « dans le réel ». Particulièrement sur Wii, l’expérience se montre réellement immersive, les manettes spécifiques étant diablement adaptées à la situation. Petite mention + pour la scène de nage dans le lac que nous vous laissons découvrir…C’est ensuite la qualité d’écriture du scénario qui nous ébloui, le « soft » regorgeant de coups de théâtre et événements perturbants. On est sans cesse surpris et toujours plus ou moins victime de nos actes et instincts naturels. On vit ainsi une foule d’émotions variées, l’alchimie entre les différentes phases s’avérant purement prodigieuse et jouissive. Au delà de ces qualités, Silent Hill produit également des graphismes somptueux, avec de nombreux effets spéciaux de nature à accentuer le caractère angoissant de l’aventure. Nous n’avons pas évoqué la bande sonore qui est pourtant exceptionnelle !Les musiques sont toujours déclenchées au bon moment et en fonction des besoins du scénario, sachant également se taire, afin de nous plonger dans un silence inquiétant. Ainsi, en dehors du son de la bise glacée, certaines séquences mettront tous nos sens en éveille lorsqu’un téléphone retentira ou qu’un craquement se fera entendre, perturbant ainsi notre relative quiétude. Des bruitages toujours parfaitement maîtrisés et déclenchés idéalement. Au final, ces qualités techniques nous permettent de comparer cette œuvre -car il faut bien parler en ces termes- aux meilleures productions cinématographiques d’angoisse. On ne dénotera qu’un petit bémol, concernant la fluidité d’animation quelque fois prise à défaut. Détail dérisoire au regard de la qualité générale du « soft » de Konami. Pour le reste, avec une aventure d’environ six bonnes heures, à refaire quatre fois pour visualiser toutes les fins présentes, l’investissement se justifie totalement. Plus que tout, le dénouement de ce scénario à rebondissements multiples est juste grandiose! Une expérience véritablement phénoménale qui rend clairement ses lettres de noblesse au jeux vidéo. Au beau milieu de -trop- nombreuses super-productions videoludiques misant d’avantage sur le visuel, Climax nous pond un titre largement au dessus du lot, grâce à un travail de fond littéralement prodigieux. A ce tarif là, seuls les allergiques au genre passeront leur chemin. Pour les autres, possesseurs de Wii, il s’agit simplement d’un authentique incontournable sur cette console. Également une bonne raison pour acheter la console de salon de Nintendo, cette version étant de loin la plus aboutie et la plus immersive. IMPOSSIBLE de passer à côté…A acheter de toute urgence !!!
J.B
Points forts :
- l’aspect psychologique poussé très réussi
- des visuels somptueux sur wii
- excellents effets spéciaux
- une bande-son…parfaite !
- un degré d’immersion impressionnant
- la prise en main sur wii
- l’ambiance angoissante, oppressante et déconcertante
- une grande diversité dans l’action
Points faibles :
- deux, trois ralentissements
La Note Le Mag Jeux Vidéo : 19/20
Éditeur : Konami
Supports : Wii, PSP, PS2
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| Imprimer l'article | Cette entrée a été posté par J.B le 25 février 2010 à 22 h 23 min, et placée dans Actualité, En Une, Test de jeu, Wii, Wii. Vous pouvez suivre les réponses à cette entrée via RSS 2.0. Vous pouvez laisser une réponse, ou bien un trackback depuis votre site. |





















