Incapable de rivaliser avec FIFA depuis l’arrivée des consoles Haute Définition, Pro Evolution Soccer revient, comme chaque année, avec l’espoir de retrouver son statut de référence en matière de simulation de Foot. Avec PES 2011, Konami affiche clairement ses ambitions, à savoir regagner le cœur des amateurs de football sur consoles. Un pari osé compte tenu du niveau de qualité de son grand rival, FIFA. Alors, retour gagnant ? La réponse en fin de test…

 

Le changement, il n’y a que ça de vrai !

Décidé à rehausser le niveau de leur « bébé », les équipes de développement ont apporté un certain nombre de nouveautés à cette édition 2011 de PES. Si l’excellent visuel de rigueur antérieurement n’a pas grandement changé (malgré une représentation des joueurs plus fine et plus réaliste), on note un nombre plus important d’animations, tant durant les phases de jeu qu’après un but. Concrètement, quatre techniques/feintes sont assignables au stick analogique droit, à choisir parmi une trentaine disponibles. De plus, une option assez poussée permet de modifier vos préférences d’entraineur (jeux plus technique, montées vers le but plus ou moins rapide, frappes lointaines,etc… ) selon un degré de réglage à choisir. Une facette de nature à laisser s’exprimer chacun de nous, en fonction de nos préférences en la matière. Voilà qui démarre plutôt bien !

 

Mais la principale nouveauté de cette version vient de la construction des phases de jeu, nettement plus réalistes et agréables à jouer. D’une part, le collectif sera d’avantage mis en avant (différences entre les joueurs, notamment en terme de « course », moins importantes), obligeant à préférer la construction aux exploits persos. D’autre part, le système de passes dit « manuel », apporte un surcroît de technicité bienvenu. En effet, il faudra être extrêmement précis dans le placement des joueurs au moment de l’exécution d’une passe, notamment lors de la montée au filet, sous peine de perdre la balle immédiatement. Quelque fois un peu agaçante, (du moins durant la première heure de jeu), cette nouvelle approche apporte cependant un vrai plus à cet opus 2011, qui se démarque ainsi positivement de ses aînés. Par contre, on regrettera le manque de résistance de la défense adverse en bout de course, tout d’abord en raison d’un marquage peu agressif des défenseurs et, surtout, à cause de réactions très discutables imputables au gardien. Ce dernier conserve ainsi une bonne partie de se défauts du passé (bien qu’un peu moins « benêt »), par exemple lorsqu’il choisira de repousser des deux mains une frappe mollassonne tout à fait maîtrisable. Un gardien qui aura également toujours cette fâcheuse tendance à se jeter à terre pour stopper un ballon peu dangereux. Troisième « tic » de notre homme, avec une attitude un peu trop offensive, laissant quelque fois un boulevard devant la cage. Du coup, pour peu que l’on maîtrise correctement les phases de construction (ce qui demande, il est vrai, un certain temps de pratique), les buts risquent de s’enchaîner vitesse grand V et de façon évidemment irréaliste.

   

Carton rouge (ah,ah,ah…) également envers Monsieur l’arbitre, toujours aussi peu enclin à laisser l’avantage ou à repousser de quelques secondes son coup de sifflet durant les arrêts de jeu, alors qu’une occasion de but se profile. Un arbitrage qui plus est un peu sévère, comme en témoignent les nombreux cartons rouges attribués au cours d’une rencontre. Petit défaut que l’on peut toutefois considérer comme bénéfique dans l’optique de défendre de manière plus tactique, notamment en faisant usage des duels. Fini le « bourinage », donc…du moins en pleine course ! Car, malheureusement, il reste à déplorer un manque de précision de la frappe devant la cage, le ballon n’ attérissant pas toujours à l’endroit souhaité. Un point entraînant quelques rageant ratés ou, à l’inverse, des buts chanceux difficiles à avaler pour votre opposant. Discutable aussi, l’efficacité un peu trop marquée des frappes lointaines, même si ces actions semblent moins redoutables que dans l’opus précédent. Mais en même temps, c’est quelque fois grâce à cela que le compteur sera débloqué face à un adversaire trop redoutable. Et puis il faut bien avouer que ce type de frappe demeure un délice pour qui parvient à ses fins !

 

Finalement, malgré ce défaut propre aux actions se réalisant à la limite et à l’intérieure de la surface de réparation, PES 2011 retrouve un gameplay digne de ce nom, occasionnant une prise de plaisir que l’on avait jamais connu dans la série, sur supports H.D. Une forme de retour progressif « aux sources » agrémenté de l’introduction de nombreuses petites originalités, comme la sympathique jauge de tir/endurance, assez pratique à l’usage. Un retour à la simulation pure vraiment plaisant et tout à l’honneur de Konami, qui semble avoir tenu compte des demandes des joueurs. Probablement une excellente base pour se rapprocher du concurrent FIFA…

     

Et le contenu alors ?

Même si cela n’a rien de surprenant, PES 2011 pêche toujours côté licences officielles avec des championnats amputés de certains clubs, sans parler de l’absence de ligues majeures comme la Bundesliga. Difficile tout de même d’en vouloir à l’éditeur, lorsque l’on sait que se présente en face la « machine » Electronic Arts, détentrice de la licence officielle. D’autant que quelques petites nouveautés font leur apparition, comme la possibilité de jouer dorénavant la « Master League » en ligne ! Une véritable bonne nouvelle qui ravira tous les fans de PES…A noter aussi, l’arrivée de la « Copa Libertadores » et de la « Super Coupe d’Europe ». Autre nouveauté -ou plutôt, autre « come-back-, avec la possibilité de modifier à 100% les joueurs et leur visages dans le mode « Deviens une Légende ». Pas forcément révolutionnaire, ce dernier mode se démarque surtout de part les multiples possibilités de création et de customisation. Classique mais cool…Toujours aux chapitres des évolutions, les développeurs ont totalement repensé les menus et interfaces, de manière à rendre l’ensemble plus intuitif et facile d’accès. Objectif atteint, ces derniers se montrant effectivement plus agréables et pratiques à parcourir. Pour le reste, on retrouve les différentes options et modes qui composaient déjà PES 2010. Plutôt conséquent au final, le contenu de Pro Evolution Soccer 2011 s’améliore positivement et tout en subtilité.

  

Réalisation : Une évolution timide…

Nous ne reviendrons pas sur les graphismes du « soft », point fort de PES et toujours au TOP dans la cuvée 2011. Plus fin et plus soigné, particulièrement s’agissant des joueurs, le visuel évolue timidement mais sûrement. Par contre, l’aspect animations demeure clairement en deçà de ce que propose FIFA 2011, avec des mouvements toujours trop saccadés, du moins pendant les phases de jeu. En effet, les animations de rigueur après un but se révèlent, pour leur part, juste magnifiques et particulièrement variées. De quoi s’immerger pleinement dans l’ambiance des grands soirs. Une atmosphère toutefois « mi-figue, mi-raisin », la faute à un manque de vie flagrant dans les stades, comme cela était déjà le cas dans PES 2010. Une nouvelle fois, la comparaison avec le dernier FIFA (CDM 2010) fait mal ! Assez incompréhensible…Néanmoins, l’aspect sonore s’avère très réussi avec un nombre important de chants de supporters de chaque équipe. Particulièrement dans les championnats nationaux, le public aura encourager son équipe avec ferveur et réalisme ! Cet opus réussit donc son examen de passage sonore, malgré des commentaires du duo Dugarry/Margoretton toujours aussi médiocres (à 8-0, Dugarry qui prévient les leaders d’un retournement de situation à craindre, suite à une mauvaise passe effectuée, ça le fait pas du tout…et j’en passe !). Sur ce dernier point, ne blâmons pas PES, son concurrent de EA Sports ne faisant pas mieux !

  

Pas au niveau de FIFA, mais bon quand même !

Si -comme chacun l’aura compris- PES 2011 ne parvient toujours pas à égaler le maître FIFA, force est de constater que la licence prend un nouveau départ en revenant vers un gameplay d’avantage tourné vers la simulation. Ainsi, en dépit d’une gestion toujours trop « typée arcade » des tirs au but, les phases de construction retrouvent une véritable importance, tout comme la notion de jeu collectif. Un jeu plus technique qui fait du bien ! Appréciable aussi, l’amélioration de l’IA, malgré quelques aberrations défensives (défenseurs latéraux et gardien) parfois agaçantes. Toujours est-il que le plaisir de jeu est de retour, supporté aussi par les nouvelles options de jeu, possibilités de customisation et nouvelles perspectives stratégiques intégrées au « soft ». Suffisant pour satisfaire les fans de PES, sans pour autant attirer les aficionados de FIFA…

Konami réussit donc à redresser la barre, avec la perspective de voir arriver l’année prochaine un véritable rival à FIFA. Une « bataille au sommet » qui passera toutefois par une amélioration de l’ambiance visuelle et une qualité d’animation des joueurs supérieure. En attendant, PES 2011 réussit l’essentiel, à savoir donner du plaisir aux véritables amateurs de simulations de Foot sur console.

J.B

Points forts :

- retour à un gameplay « simulation » (plus technique)

- pas mal de nouveautés (options, modes, réglages) de qualité

- plaisir de jeu au rendez-vous

- différences moins marquées d’un joueur à l’autre

- la « master league » jouable en ligne !

- représentations des joueurs de grande qualité

- sur les bons rails !

Points faibles :

- arbitrage encore trop rigide

- animations des joueurs peu fluides

- un gardien moins stupide mais c’est pas encore ça…

- très peu de licences officielles

- manque de finesse des actions dans la surface de réparation

 

La Note Le Mag Jeux Vidéo : 16,5/20

Éditeur : Konami

Genre : Sport/simulation de Football

Supports : Playstation 3 et Xbox 360

 

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