Super street 4 360 coverAprès le succès de Street Fighter IV, il est enfin temps pour Capcom de procéder à la traditionnelle mise à jour annuelle de la franchise, comme se fût régulièrement le cas à l’époque des Street Fighter 2 et autre Street Fighter Alpha. Au programme de ce « Super » Street Fighter IV, de nouveaux personnages jouables -dix au total-, des stages inédits, nouvelles techniques de combat, ainsi qu’un rééquilibrage des forces en présence. Clairement, Sagat et Zangief ne pouvaient continuer à terroriser ainsi leurs petits collègues !Reste à déterminer si l’achat de ce nouvel opus se justifie vraiment pour le possesseur de la version précédente…nous vous livrons de suite notre humble avis…

Retour en arrière

Avant d’énumérer les différentes améliorations caractérisant le jeu de baston made-in Capcom, revenons rapidement sur cette nouvelle approche de la franchise, lancée l’année dernière sur consoles H.D. N’ayant pas eu l’occasion de vous donner nos impressions à l’époque (et pour cause, Le Mag Jeux Vidéo n’était pas né!!!), un petit tour en arrière s’impose, compte tenu de l’importance émotionnelle de la série aux yeux de chaque membre de la rédaction. Graphiquement, le changement est radical, même si on se rapproche d’avantage d’un SF Alpha que de l’antique SF2. Un aspect « cartoon » plus proche d’un design de Comics que d’un véritable animé Nippon, du moins concernant les phases de « baston » (les cinématiques de fin restant typiquement nippones, toujours visuellement parlant). Vraiment très particulier -on aime ou on aime pas-, il en résulte des personnages quelque peu sur-dimensionnés, présentant des muscles disproportionnés, toujours dans un esprit dessin-animé Américain. Les visages se trouvent également littéralement modifiés, à tel point qu’un fan aura bien du mal à reconnaître certains de ses héros (comme Blanka) . Pour notre part, on se permettra de contester cette représentation, trop caricaturale à notre goût. Globalement, cet aspect visuel manque clairement de finesse à nos yeux.

Mais c’est principalement en terme de bande-son que le plus puriste des fans pourrait sérieusement crier au scandale. Tandis que Street Fighter 2 et, dans une moindre mesure, SF Alpha, nous proposaient des musiques illustrant toujours parfaitement le thème propre à chaque combattant, par le biais de compositions agréables et rythmées, sacrilège ultime, SF 4 donne dans le mauvais goût en remplaçant tout cela par une musique Dance/Techno honteusement irrespectueuse de l’univers de Street Fighter. Non pas que ce registre soit totalement à bannir (à titre d’ exemple, Tatsunoko vs Capcom s’en sortait mieux dans le même registre), mais dans le cas présent, clairement, la qualité de ces dernières demeure particulièrement médiocre. Pas entraînant (un comble pour de la techno) et, surtout, totalement repoussant ! On oublie donc l’ambiance sonore si mythique qui contribuait à l’époque à l’envie d’en découdre dans chaque stage proposé ! Pour le reste, bien heureusement, le « gameplay » si parfait originel reste totalement présent, voir amélioré, par le biais de nouvelles techniques de combat originales et -pour certaines- particulièrement mise en scène. A ce niveau, le passage au support HD est appréciable. Second point de nature à rattraper les fautes de goûts citées plus haut, la qualité des décors. Dans le domaine, Capcom fait fort, offrant aux joueurs de superbes fonds et effets spéciaux, ainsi que de nombreuses animations de protagonistes humains ou animaux, incluant quelques gags très sympathiques à contempler entre deux « Ha-do-ken ». De plus, on appréciera le rendu des mouvements des « fighters », ces derniers disposant de pas mal de coups, toujours particulièrement bien retranscrits et fluides. Superbe…

Super Street 4 ps3                 Super street fighter 4 bison

« Super » ou pas ?

Après cette petite mise au point, attaquons enfin ce pour quoi nous sommes là aujourd’hui, le contenu de Super Street Fighter 4 ! Entrons dans le vif du sujet en évoquant l’ajout de dix personnages supplémentaires, un chiffre à priori suffisant. Sauf que parmi ces petits nouveaux, seuls deux d’entre eux ont été spécialement conçus pour cette version. On commence par la tête de Turc du jeu (oui, c’est sa nationalité, vanne pourrie, on vous l’accorde, mais on s ‘en fou!…), Hakan. Cet étrange personnage (un petit air de Hellboy, quand même, non?) fera appel à une technique de combat pour le moins originale, le bougre s’aspergeant régulièrement le corps d’une huile venue d’on ne sait ou, ce dans l’optique de réaliser une série de glissades dévastatrices et autre « coup de la savonnette » (rien d’érotique, rassurez-vous), technique consistant à serrer de toutes ses forces un adversaire avant de -huile sur le corps oblige- l’expulser dans les airs, comme un vulgaire savon mouillé. Alors comme ça, ça à l’air bidon (pas de vanne, merci…), mais manette XBOX 360 en main, le gaillard produit son effet, se montrant particulièrement « fun » à jouer. Plutôt efficace, il deviendra même compliqué à terrasser, pour qui prendra le temps de s’y attarder, compte tenu du caractère imprévisible de ses coups spéciaux. La seconde arrivante -s’agissant bien d’une demoiselle- demeurera plus traditionnelle dans ses techniques, faisant appel au Taekwendo, de manière gracieuse il est vrai. Un personnage manquant toutefois de charisme, d’autant que ses mouvements se révéleront moyennement efficaces face aux meilleurs combattants.

 

Pour le reste, nous aurons le plaisir de fêter la venue d’un trio issu de SF Alpha, avec le boxeur Thai Adon, ainsi que Cody et Guy, initialement héros d’un certain Final Fight, autre licence mythique de l’éditeur. On retiendra particulièrement Cody, très sympathique à incarner et disposant d’une Ultra Combo tout droit inspirée du coup de batte de Frank West (Tatsunoko vs Capcom), héros controversé de Dead Rising. Jouissif et divertissant, en tous cas…. Histoire de ne pas oublier Street Fighter 3, Makoto, Dudley et Ibuki rejoindront la sélection, avec plus ou moins de succès, la dernière citée ne présentant que peu d’intérêt en raison d’une prise en main monotone, pour une efficacité proche de zéro. Puis, dans le but de ne pas faire de jaloux auprès des irréductibles de Super Street Fighter 2, le géant T-Hawk, ainsi que le Kickboxer Jamaïcain Dee-Jay, rejoindront Cammy et Fei-Long, tout émoustillés de retrouver leurs compagnons de « la grande époque ». Un mot sur Dee-Jay, fidèle à lui même à savoir efficace, à condition de lui accorder un minimum de temps de jeu. Pour ce qui est de notre Indien d’Amérique, sa puissance et sa taille feront « mouche » immédiatement. De quoi organiser des confrontations grandioses face à un autre poids-lourd, Monsieur Zangief ! Globalement, ces ajouts améliorent encore la durée de vie du « soft », tout en proposant un choix plus large en matière de techniques de combat.

 

Second point important propre à SSF4, avec l’amélioration des techniques et enchainements à disposition. Alors n’allez pas imaginer une refonte totale des personnages initiaux à ce niveau, lesquels se voyant simplement gratifiés d’une seconde ultra-combo, impressionnante dans certains cas. L’occasion d’admirer de petites séquences sympathiques, tout en occasionnant des dégâts importants. Dégâts certes supérieurs aux coups spéciaux traditionnels, mais pas exagérés pour autant. Ainsi, le « super marteau pilon » de Zangief infligera des dégâts plus raisonnables auparavant, pour ne citer que lui. Dans le même esprit, les enchainements et, d’une manière générale, tous les coups à disposition, se révéleront moins efficaces. Voilà qui permettra d’atténuer sérieusement la domination de certains, comme Sagat, véritablement intouchable dans SF4. Une remise à niveau qui rendra ainsi de la noblesse à la plupart des combattants, même si une minorité restera de côté, faute de caractère et d’efficacité.

 

Au chapitre des nouveautés, signalons par ailleurs l’arrivée de quelques magnifiques nouveaux stages, malheureusement trop peu nombreux. Pour les nostalgiques, les stages bonus de la voiture à détruire (très sympa car plus réaliste que anciennement, HD oblige) et des tonneaux à exploser (beaucoup plus anecdotique) seront de retour, à activer ou non lors du jeu en mode arcade. De plus, des tenues additionnelles et autres bonus apparaitront régulièrement, sachant que le fait de disposer d’une sauvegarde de la première version du jeu donnera accès à des tenues cachées, du plus bel effet d’ailleurs. Et pour achever ce chapitre « énumération de nouveautés », citons la présence de nouveaux modes de jeux en ligne, permettant entre autre aux participants de créer leur propres salons (8 joueurs maximum), les combattants en attente ayant la possibilité de regarder les combats de leurs collègues.

Super street Fighter 4 t Hawk                   Supersf4 360

« Petite évolution » mais à « petit prix »

A l’heure du bilan, un constat s’impose, Capcom ayant tout de même assurer le minimum dans Super Street Fighter 4. Car, bien que dix nouveaux persos aient rejoint la characters-list, seuls deux d’entre-eux se révéleront inédits, sachant que les anciens protagonistes ne connaîtront finalement pas de réelles modifications. On notera simplement l’arrivée d’un second « Ultra Combo » pour chaque personnage, coup ultime intéressant dans seulement 50% des cas. Par contre, la remise à niveau des combattants était nécessaire, particulièrement pour un fan attaché à un héros en particulier, défavorisé dans le premier opus. On apprécie aussi la qualité visuelle des nouveaux décors, tout en regrettant le peu d’évolution visuelle du « soft ». Pire que tout, les musiques totalement « nazes » du précédent opus restent de mise, alors que les versions originelles remixées ne seront, une nouvelle fois, appréciables que lors du combat face au rival. Cependant, dans le cadre de cet affrontement particulier, notons la création d’une cinématique propre qui faisait défaut dans SF4. Enfin, l’aspect « gameplay » constitue toujours le principal atout du « soft », Capcom étant décidément le maître des lieux en la matière. Si l’on ajoute à cela un contenu en ligne plus attractif qu’avant, de même que quelques bonus accessoires, la durée de vie du petit nouveau de la série s’annonce particulièrement impressionnante pour celui découvrant pour la première fois ce quatrième volet. En revanche, le possesseur de l’épisode antérieur pourra se poser la question de la légitimité de l’investissement. Ceci étant, le très petit prix (une quarantaine d’euros) devrait rapidement faire pencher la balance du coté de Capcom. On apprécie d’ailleurs l’effort de l’éditeur à ce niveau, suffisamment rare pour être signalé. Finalement, tous les fans (anciens et nouveaux) devraient apprécier cette production, une des meilleures de sa catégorie. Mais par pitié, virez-nous ces musiques indignes !!!

J.B

 

Points forts :

- 35 combattants dont 10 nouveaux

- remise à niveau des combattants bienvenue

- les options en ligne, plus complètes

- les nouveaux stages, très jolis

- un deuxième ultra-combo pour tout le monde !

- la durée de vie

- le petit prix

Points faibles :

- juste une évolution

- les musiques toujours aussi désagréables et insipides

- seulement deux personnages totalement inédits

- pas de réelles nouveautés pour les anciens personnages

- le style graphique très spécial qui ne plaira pas à tout le monde

 

La Note Le Mag Jeux Vidéo : 15,5/20

Éditeur : Capcom

Supports : PS3 et Xbox 360

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