Changement de cap radical chez Ubisoft. La société française a annoncé une profonde restructuration qui comprend l'annulation de 6 jeux comme le remake de Prince of Persia : Sands of Time et une réorganisation totale de ses studios avec des plans financiers pour la fin de l'exercice 2026 qui montrent un chiffre dévastateur : des pertes d'exploitation d'environ 1 000 millions d'euros.
Les données auront un impact immédiat sur le prix de l'entreprise et inquiètent les fans de la marque. Cependant, la stratégie française consiste à procéder à un nettoyage radical des actifs qui, bien que coûteux, élimine six projets, en retarde sept autres et entraîne la fermeture de studios et des licenciements.
Qu'est-ce qu'une perte d'exploitation et d'où vient ce -1 milliard dont parle Ubisoft ?
Une perte d’exploitation de cette ampleur ne signifie pas qu’Ubisoft est à court d’argent ou en faillite. Il s'agit d'un redressement comptable : le conseil d'administration a décidé de reconnaître dans les livres comptables de cette année l'argent investi qui ne sera pas récupéré, les ventes de jeux vidéo qui ne seront pas produits et le surcoût de plusieurs jeux vidéo.
Fondamentalement, ils ont ajusté leurs comptes sur trois points :
- Le « nettoyage » des projets (650 millions d'euros) : Ubisoft a décidé d'annuler 6 jeux (dont le remake de Prince of Persia : Les Sables du Temps). Ce faisant, tout l'argent qui avait été dépensé pour son développement (salaires, technologie, marketing…) est compté comme une perte car ces jeux ne généreront plus de revenus, l'investissement est perdu.
- Moins de chiffre d'affaires et un coût plus élevé dans le développement de 7 titres : En raison du retard de 7 jeux vidéo, l'entreprise s'attend à gagner environ 330 millions d'euros de moins que prévu initialement (auxquels il faut également ajouter les dépenses de développement supplémentaires que leur retard entraînera).
- Annulation des accords : Enfin, Ubisoft a également décidé de suspendre les négociations de collaborations et de partenariats externes pour se concentrer sur son nouveau modèle interne.
Ubisoft est-il vraiment en danger ?
Malgré l'ampleur de ce chiffre de -1 milliard, Ubisoft le présente comme une « réinitialisation nécessaire ». En déclarant toutes ces pertes d'un coup cette année, ils « font le ménage » dans leurs comptes pour l'avenir, presque comme s'ils mettaient un score à zéro pour mieux évaluer les résultats de leur nouvelle stratégie dans le futur.
En effet, l'entreprise souligne qu'elle a réussi à réduire ses coûts fixes de 500 millions d'euros depuis 2022 et qu'elle dispose d'une réserve de trésorerie comprise entre 1 250 et 1 350 millions, suffisamment de liquidités pour financer la transition vers son nouveau modèle économique et les lancements qui accompagnent la nouvelle stratégie.
Le coût humain : étudier les fermetures et les licenciements
Ubisoft a de l'argent en poche et a décidé de procéder à un changement de direction fort, même si cela a un coût qui dépasse le cadre économique, car en cours de route il y a des fermetures de studios et des réductions de personnel qui entraînent des pertes d'emploi.
Des études qui ferment définitivement
Ubisoft réduit son infrastructure pour économiser des coûts fixes en fermant ces studios :
- Ubisoft Halifax (Canada) : La délégation responsable d'Assassin's Creed Rebellion et référence dans le secteur mobile de l'entreprise a cessé son activité début janvier.
- Ubisoft Stockholm (Suède) : Après sa collaboration sur Avatar : Frontiers of Pandora, le studio suédois disparaît, conséquence directe du nouvel ajustement des actifs.
Etudes en restructuration (Avec réductions d'effectifs)
Dans ces cas-là, le studio reste ouvert, mais des licenciements et des changements organisationnels ont été opérés pour concentrer ses ressources sur des projets bien précis :
- Massive Entertainment (Suède) : Le studio derrière The Division et Star Wars Outlaws est confronté à une refonte complète de son organigramme afin d'optimiser le support de ses titres en monde ouvert.
- Ubisoft Abu Dhabi : Ce centre de développement régional a réduit son équipe (environ 29 salariés de moins) pour se concentrer exclusivement sur le maintien de Growtopia.
- RedLynx (Finlande) : Les créateurs de la saga Trials réduisent leur échelle opérationnelle pour s'intégrer au nouveau modèle de développement centralisé de l'entreprise.
Avec son changement de cap, Ubisoft se retrouve à la croisée des chemins, sacrifiant 2026 pour faire sensation, changer de stratégie et tenter de regagner la confiance des investisseurs et, surtout, pour que sa nouvelle structure soit capable de proposer des jeux vidéo qui renouent avec les joueurs. Y parviendront-ils ?
